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Basée sur l’IA, cette technologie est plutôt efficace pour détecter les mensonges

Crédits : Love portrait and love the world . Stock

Des travaux menés en Israël ont débouché sur la création d’un nouveau système de détection de mensonges. Selon les porteurs du projet, ce détecteur se base sur la détection des mouvements des muscles du visage à l’aide d’une intelligence artificielle. Ce système jouit d’une fiabilité élevée, mais peut évidemment encore être amélioré.

Deux types de menteurs

Les enquêteurs éprouvent souvent des difficultés à identifier formellement les mensonges d’un suspect. Or, s’ils s’en sortent mieux que la grande majorité des individus, l’écart n’est finalement pas si grand. Côté technologie, nous retrouvons les polygraphes (voir photo ci-après), c’est-à-dire les détecteurs de mensonges les plus communs. Néanmoins, il s’agit d’un système dont la fiabilité est remise en cause. Celui-ci se base sur l’hypothèse que mentir provoque une réaction émotionnelle et va donc de pair avec certaines manifestations psychophysiologiques mesurables comme l’augmentation de la transpiration, et donc de la conductance cutanée.

polygraphe
Crédits : standret / iStock

En l’absence de moyens entièrement fiables de détecter les mensonges, des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv (Israël) ont mené des travaux pour changer la donne. Dans leur publication dans la revue Brain and Behaviour du 22 octobre 2021, les scientifiques ont décrit un système de détection dont la fiabilité serait très élevée. Le détecteur en question se base sur la détection des mouvements des muscles du visage à l’œuvre lorsqu’un individu ment. Selon les chercheurs, les tests de ce système ont permis d’identifier deux types de menteurs. D’un côté se trouvent ceux activant les muscles de leurs joues et de l’autre ceux qui activent les muscles de leurs sourcils.

Prometteur, mais perfectible

Les chercheurs disent avoir eu recours à des électrodes sur des autocollants souples. Cela permet de surveiller et mesurer l’activité des muscles, ainsi que des nerfs. Les tests ont donc ciblé les muscles des joues (près des lèvres) et les muscles des sourcils. Dans un premier temps, les volontaires (deux par deux) n’ont pas pu déceler les mensonges de leur partenaire. Ensuite, le système intégrant un algorithme entraîné à identifier les mensonges sur la base des signaux électromyographiques a obtenu un taux de réussite de 73 %. En revanche, précisions tout de même que les mensonges en question étaient plutôt simples.

Or, la complexité est autrement plus importante dans des conditions réelles. Il faut dire que souvent, les suspects mélangent des éléments faux avec d’autres bien réels. En partant de ce constat, les chercheurs israéliens désirent poursuivre l’apprentissage de leur intelligence artificielle. À l’avenir, coupler cette technologie avec des caméras de très haute définition pourrait permettre de détecter les mensonges uniquement grâce à l’image, là encore en se basant sur les mouvements des muscles du visage.