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Une intelligence artificielle pour comprendre les cris des cochons d’élevage

Crédits : deyanarobova / iStock

Dans le cadre d’une étude européenne récente, des scientifiques ont estimé qu’il était possible de traduire les sons qu’émettent les animaux, et plus particulièrement les cochons. L’objectif est de parvenir à mieux comprendre les animaux afin de leur offrir un meilleur traitement, notamment dans les fermes.

Analyser les différentes émotions en fonction des cris

En 2019, une étude britannique avait apporté une preuve supplémentaire de l’intelligence émotionnelle des chèvres. Les chercheurs ont réussi à démontrer que ces animaux sont capables de reconnaître un changement d’émotions chez leurs congénères en fonction de leur bêlement. Une nouvelle étude européenne pilotée par l’Université de Copenhague (Danemark) et publiée dans la revue Scientific Reports le 7 mars 2022 a quant à elle détaillé une nouvelle solution pour mieux comprendre les cochons d’élevage à l’aide de l’intelligence artificielle.

Les chercheurs ont surveillé les sons qu’émettent les cochons, ainsi que leur comportement et leur fréquence cardiaque. Ensuite, ils ont élaboré un système d’analyse des différentes émotions qu’ils ressentent dans des situations diverses. Il s’agissait principalement d’émotions positives telles que l’excitation et le bonheur ou négatives comme la peur et le stress. En parallèle, les scientifiques ont enregistré plus de 7 000 cris provenant de près de 400 cochons. Le but ? Se servir de cette base de données pour alimenter un algorithme de leur création.

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Crédits : baiajaku / iStock

Des résultats encourageants

Selon les résultats, les cris courts comportant de légères fluctuations d’amplitude seraient caractéristiques des émotions positives. En revanche, les grognements intenses progressivement plus légers concernent les situations négatives. Les scientifiques affirment que pas moins de 92 % des cris des cochons ont pu être mis en lien avec des émotions négatives, positives, voire les deux. Pour eux, les résultats sont encourageants et pourraient avoir un certain intérêt dans l’évaluation de la santé physique et mentale des animaux.

La Dre Elodie Briefer, principale autrice de l’étude, a indiqué que le prochain objectif était de trouver un partenaire désirant poursuivre le développement de l’algorithme. Il pourrait ainsi intégrer une application, notamment à destination des agriculteurs, afin d’améliorer le bien-être de leurs animaux. Les scientifiques n’ont cependant pas indiqué si de prochaines recherches similaires pourraient concerner d’autres animaux.

Soulignons enfin que si le bien-être animal est de plus en plus considéré, le chemin est encore très long. En France, la dernière avancée n’est autre que l’adoption de la PPL Animaux en novembre 2021. Il s’agit notamment de durcir les sanctions pour les sévices graves et de l’abandon, mais aussi d’interdire la présentation d’animaux en vitrine, et la vente de chiots et de chatons en animalerie.