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Et si la “hype” autour de l’hydrogène disparaissait ?

Crédits : iStock

Alors que l’électrique progresse toujours plus, les progrès théoriques de la pile à hydrogène sont moins rapides que ceux des batteries lithium-ion. Alors que les projets incluant l’hydrogène sont de plus en plus nombreux, une démocratisation pourrait nécessiter l’action des gouvernements. Autrement, cet engouement pourrait tout simplement disparaître.

Des progrès pas assez suffisants ?

La pile à hydrogène est sur le plan écologique généralement présentée comme l’un des plus intéressants moyens de produire de l’énergie. Selon les tributaires, il est question d’une énergie abondante ayant de faibles impacts sur l’environnement, et ce malgré certaines critiques assez légitimes. Aujourd’hui, les projets incluant l’hydrogène se multiplient. En effet, de nombreux acteurs privés et publics travaillent sur des applications concrètes. Citons par exemple EDF, Air Liquide et autres start-up ou constructeurs automobiles. Dernièrement, nous évoquions Airbus désirant lancer un avion “zéro émission” à hydrogène en 2035. Le cofondateur de Google Larry Page voudrait quant à lui concevoir un dirigeable géant doté d’une énorme pile à hydrogène.

Seulement voilà, malgré le développement d’une véritable économie autour de l’hydrogène, nous sommes très loin d’une démocratisation. La pile à hydrogène est au cœur de progrès théoriques, allant vers un poids et des temps de recharge moins contraignants. Toutefois, ces progrès sont bien moins rapides que ceux des batteries lithium-ion et autres potentiellement capables de les remplacer. Certains constructeurs automobiles ayant lancé des projets ayant recours à l’hydrogène ont déjà changé leur fusil d’épaule, désirant se focaliser sur l’électrique.

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Airbus veut lancer un avion “zéro émission” à hydrogène en 2035.
Crédits : Airbus

Encore des efforts à fournir

Dans un rapport publié par le cabinet BloombergNEF (BNEF) le 7 avril 2021, les experts estiment que les gouvernements devront agir au niveau de la loi, si ces derniers désirent que l’industrie se tourne concrètement vers les piles à hydrogène. Effectivement, l’hydrogène pourrait trouver ses meilleurs usages dans l’industrie, là ou les énergies fossiles sont encore compétitives sur le plan financier. Les spécialistes parlent d’instaurer une taxe carbone plutôt lourde dans le but d’accélérer la transition. Cependant, le risque est de fournir des efforts trop importants pour une source d’énergie qui pourrait excéder la demande. Néanmoins, ceci pourrait ne pas être un problème car une hausse de la demande serait alors synonyme de baisse des prix.

Les réelles inquiétudes se situent ailleurs : la combustion de l’hydrogène n’émet pas de carbone, mais ce n’est pas forcément le cas de sa production. Toutefois, l’hydrogène pourrait vraiment devenir une énergie 100 % propre, mais ceci nécessiterait d’importants investissements. Le but est de s’équiper d’infrastructures fonctionnant également avec des énergies renouvelables, tout en se montrant capables de capter le CO2 issu de la production. Le cas échéant, produire autant d’hydrogène ne servirait à rien dans la limitation des impacts des activités humaines sur l’environnement.