Tout le monde ne serait pas apte biologiquement à devenir végétarien

repas végétarien
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Selon une étude menée récemment aux États-Unis, la génétique pourrait favoriser le végétarisme. Autrement dit, une composante biologique pourrait permettre à certaines personnes d’adopter plus facilement un régime végétarien. Comment cela est-il possible ?

Le régime végétarien, pas facilement accessible à tous ?

Et si la constitution génétique d’une personne pouvait jouer un rôle en déterminant si elle peut ou non adopter un régime végétarien strict ? Une étude publiée dans la revue Plos One le 4 octobre 2023 a tenté d’apporter une réponse. Selon les chercheurs de l’Université Northwestern (États-Unis), tous les humains ne sont pas capables de subsister sur le long terme dans le cadre d’un tel régime et cela aurait un rapport avec la génétique.

Dans son compte-rendu, l’équipe a tout d’abord rappelé qu’environ 48 à 64 % des végétariens autoproclamés consommeraient tout de même du poisson, de la volaille et/ou de la viande rouge en légère quantité. Pour les chercheurs, de nombreuses personnes aimeraient être strictement végétariennes, mais en seraient tout simplement incapables d’un point de vue biologique.

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Une conclusion encore non définitive

Pour tenter de déterminer si la génétique contribue à la capacité d’une personne à devenir végétarienne, les chercheurs ont effectué une comparaison avec les données de la base UK Biobank concernant 5 324 végétariens stricts et 329 455 témoins. Par ailleurs, l’intégralité des volontaires était caucasienne afin de garder une homogénéité ethnique. L’étude a permis d’identifier trois gènes associés au végétarisme de manière significative et 31 autres de manière partielle. Or, deux des trois gènes les plus impliqués, NPC1 et RMC1, jouent un rôle dans le métabolisme des lipides (graisses) et/ou dans la fonction cérébrale.

Selon les scientifiques, il est possible que la viande contienne des composants lipidiques dont certaines personnes ont absolument besoin. Il est aussi possible que la génétique favorise le végétarisme chez les personnes capables de synthétiser pleinement ce type de composants. Toutefois, les auteurs de l’étude rappellent que pour l’instant, ces conclusions sont encore très spéculatives. En effet, ils ont encore besoin d’un certain temps pour comprendre pleinement la physiologie du végétarisme, celle-ci était finalement très complexe.

En attendant, les scientifiques sont quasiment certains qu’une explication qui n’impliquerait que la génétique ne verra jamais le jour. Ils ont en effet donné l’exemple suivant : une prédisposition génétique au cancer n’implique pas forcément sa survenue. Par ailleurs, le fait de devenir végétarien s’associe aussi très souvent à des facteurs extérieurs. Effectivement, au-delà de la génétique, cela peut être lié à une pression sociale ou encore une prise de conscience environnementale ou en lien avec le bien-être des animaux.