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Hubble capture un véritable feu d’artifice cosmique

Crédits : NASA / ESA / Hubble / N. Smith, Université de l'Arizona / J. Morse, BoldlyGo Institute

Le télescope spatial Hubble a récemment photographié l’étoile Eta Carinae dans l’ultraviolet. Un véritable feu d’artifice cosmique en cours à 7 500 années-lumière de la Terre.

Eta Carinae est un système à deux étoiles, l’une environ 50 fois plus massive que le Soleil et l’autre jusqu’à 250 fois plus massive. La seconde a commencé à exploser il y a environ 170 ans. Un véritable feu d’artifice cosmique qui fit de cette étoile le deuxième objet le plus lumineux du ciel nocturne (après Sirius) pendant 10 ans. Sa brillance était telle que de nombreux marins du Sud n’hésitaient pas à s’appuyer dessus pour s’orienter. Si aujourd’hui l’étoile est à peine visible à l’œil nu, le spectacle n’a pas cessé pour autant. En témoigne cette nouvelle photo signée Hubble, prise dans l’ultraviolet.

Une lueur bleue jamais vue auparavant

Grâce à sa caméra à large champ 3, le télescope a pour la première fois réussi à cartographier la lueur du magnésium dans le gaz chaud (en bleu). Les astronomes ont d’ailleurs été surpris de visualiser ce gaz à cet endroit précis. À la base, ils s’attendaient à trouver cette “lumière” beaucoup plus près de l’épicentre. Au lieu de cela, cette nouvelle structure lumineuse de magnésium se place aujourd’hui dans l’espace coincé entre les bulles bipolaires poussiéreuses et les filaments extérieurs riches en azote chauffés par choc.

Eta Carinae, à 7 500 années-lumière.
Crédits : NASA, ESA, N. Smith (Université de l’Arizona) et J. Morse (Institut BoldlyGo)

«Cela faisait des décennies que nous utilisions Hubble pour étudier Eta Carinae à la lumière visible et infrarouge, et nous pensions avoir une vision assez complète de ses débris éjectés. Mais cette nouvelle image en lumière ultraviolette est étonnamment différente et révèle des gaz que nous n’avons pas vus auparavant», explique Nathan Smith, de l’Université d’Arizona à Tucson. La découverte est importante. Elle pourra permettre aux astronomes de comprendre le début de l’éruption, ce gaz ayant précédé de peu l’expulsion des lobes bipolaires. La prochaine étape sera de mesurer à quelle vitesse le matériau se déplace. Et donc à quel moment précis il a été éjecté.

Quant à l’explication de ces explosions, les astronomes suggèrent que le système était autrefois non pas double, mais triple. Mais que cette troisième étoile s’est à un moment retrouvée engloutie par celle présentée ci-dessus. Provoquant ainsi la grande éruption du milieu du XIXe siècle. Le bouquet final de ce feu d’artifice cosmique se manifestera, lui, au moment où l’étoile explosera finalement en supernova. C’est peut-être d’ailleurs déjà arrivé. Mais la distance de l’étoile et la vitesse limitée de la lumière font que nous ne le saurons malheureusement pas tout de suite.

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