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Hubble capture des images de la comète ATLAS réduite en miettes

Crédits : Hubble/nasa/esa

Le télescope spatial Hubble a récemment capturé les images les plus nettes à ce jour de la comète C / 2019 Y4 (ATLAS) en train de se désagréger.

Repérée pour la première fois le 28 décembre 2019, la comète ATLAS nous avait promis du grand spectacle, avec un maximum de luminosité initialement prévu pour la fin du mois de mai. Cependant, la comète a soudainement commencé à s’assombrir il y a quelques semaines, amenant les astronomes à spéculer que son noyau glacé pouvait se désagréger. Ces soupçons ont ensuite été confirmés le 11 avril dernier par l’astronome amateur Jose de Queiroz, qui a photographié environ trois morceaux de la comète.

Une comète en miettes

De nouvelles observations du télescope spatial Hubble, effectuées les 20 et 23 avril derniers, confirment que ce processus de rupture est toujours en cours. Sur ces relevés, les astronomes ont pu distinguer une trentaine de pièces cométaires, certaines aussi “petites” qu’une maison. Rappelons qu’au plus fort de sa forme, le noyau d’ATLAS était peut-être aussi gros que deux terrains de football.

« Leur apparence change considérablement entre les deux jours, à tel point qu’il est assez difficile de relier les points, a déclaré David Jewitt de l’Université de Californie à Los Angeles (États-Unis), à l’origine de ces images. Je ne sais pas si cela est dû au fait que les pièces individuelles clignotent en réponse à la lumière du soleil, agissant comme des lumières scintillantes sur un arbre de Noël, ou parce que différents fragments apparaissent à différents jours ».

Quanzhi Ye, de l’Université du Maryland, co-auteur de cette étude, y voit une opportunité de pouvoir étudier un phénomène rarement observé. « C’est vraiment excitant, à la fois parce que de tels événements sont super cool à regarder et parce qu’ils ne se produisent qu’une ou deux fois par décennie, explique-t-il. La plupart des comètes qui se fragmentent sont généralement trop faibles pour être vues ».

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Crédits : NASA, ESA, D. Jewitt (UCLA), Q. Ye (Université du Maryland)

La raison de cette rupture

Pour les astronomes, les causes de cette fragmentation soudaine restent encore incertaines. Ils suggèrent néanmoins que le processus de dégazage des glaces sublimantes, initié à l’approche du Soleil, ne s’est pas opéré de manière uniforme à travers le noyau, favorisant finalement sa rupture. Une analyse plus approfondie des données Hubble pourrait bientôt permettre aux chercheurs de confirmer ou non cette hypothèse. Il est également possible que ce processus de désintégration soit plus courant qu’on ne le pense.

Notez que la comète, au moment de ces observations, se situait à l’intérieur de l’orbite de Mars, à une distance d’environ 145 millions de kilomètres de la Terre. ATLAS fera son approche la plus proche de la Terre le 23 mai prochain, à une distance d’environ 115 millions de kilomètres. Elle commencera ensuite à contourner le Soleil une semaine plus tard.

Enfin rappelons qu’une autre comète est en approche (F8 SWAN), repérée le 25 mars dernier par l’Observatoire solaire et hémisphérique (SoHO). L’objet abordera la Terre le mercredi 13 mai prochain, se plaçant à environ 85 millions de kilomètres de distance. Reste à savoir si celle-ci tiendra le coup. Il est en effet possible qu’elle subisse le même sort qu’ATLAS à mesure de son avancée vers le Soleil.

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