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100 secondes avant minuit sur l’horloge de l’apocalypse !

Crédits : NASA

Tout comme l’année dernière, nous sommes à cent secondes avant minuit sur l’horloge de l’apocalypse. Cet horaire a été maintenu ce mercredi en raison du manque d’efficacité des gouvernements à gérer la pandémie, signe de leur impréparation face à des menaces nucléaires et climatiques.

L’horloge de la fin du monde (Doomsday Clock) est un concept créé en 1947, juste après le début de la guerre froide. Concrètement, sur cette horloge fictive, minuit représente la fin du monde. Depuis, tous les ans, un groupe d’experts de l’ONG, composé de treize lauréats du prix Nobel, ajuste l’heure affichée dans le but de refléter l’état de menaces qui pèsent sur l’humanité.

Notez que si au début seuls les risques nucléaires inhérents aux relations tendues entre les États-Unis et l’Union soviétique étaient abordés, d’autres formes de risques sont considérées depuis plusieurs décennies.

L’heure tourne…

Il y a encore deux ans, cette fameuse « horloge de la fin du monde » affichait 23h58. Pour justifier leur point de vue, les chercheurs avaient alors évoqué les tensions entre les États-Unis et la Russie, des problèmes non résolus avec la Corée du Nord, la décision du président Trump d’abandonner l’accord nucléaire avec l’Iran ou encore l’urgence climatique face à laquelle nous sommes plus que jamais confrontés.

L’année dernière, ce groupe d’expert a décidé d’avancer l’heure de vingt secondes, nous fixant alors à seulement cent secondes de minuit. Les menaces précédentes, qui apparaissaient comme une « simple anomalie », se présentaient en effet finalement comme une réalité apparemment durable. Les chercheurs avaient également évoqué la guerre de la désinformation ou encore le développement de systèmes d’intelligence artificielle et d’armes hypersoniques de plus en plus puissantes et sophistiquées.

horloge apocalypse
Jerry Brown, Mary Robienson et Banki Moon mettent à jour l’horloge de l’apocalypse. Crédits : BAS

Réveillez-vous !

Pour cette année 2020, l’heure de l’horloge reste inchangée. Pour justifier ce dangereux « sur-place » de l’humanité, les chercheurs évoquent la mauvaise gestion de la pandémie meurtrière qui met en exergue le fait que « les gouvernements nationaux et autres organisations internationales sont mal préparés pour faire face aux menaces des armes nucléaires et du changement climatique qui pourraient véritablement mettre fin à la civilisation« .

« Réveillez-vous ! » a déclaré aux chefs d’État des grandes puissances Jerry Brown, l’ancien gouverneur de Californie et actuel président du conseil d’administration du Bulletin of the Atomic Scientists.

« Les États-Unis, la Russie et les puissances nucléaires mondiales doivent cesser de hurler les unes sur les autres. Il est temps d’éliminer les armes nucléaires, pas d’en construire davantage. De même pour le changement climatique : les États-Unis, la Chine, et les autres grands pays doivent s’attaquer sérieusement aux émissions mortelles de carbone… maintenant« , a-t-il également souligné.

Parmi les recommandations, le groupe d’experts exhorte les présidents américain et russe à étendre aussi loin que possible dans le temps les termes de l’accord New Start sur la limitation des armements nucléaires des deux pays. Les experts encouragent également les États-Unis à s’engager à ne pas utiliser une arme nucléaire en premier dans un conflit et à persuader leurs alliés et rivaux de faire de même.