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Historique : un premier vaccin antipaludique approuvé par l’OMS

Crédits : 12019/pixabay

L’OMS vient d’approuver le premier vaccin contre le paludisme, une maladie transmise par les moustiques et responsable de la mort d’environ 500 000 personnes chaque année, dont environ la moitié sont des enfants en Afrique. Le nouveau sérum n’est pas parfait, mais il aidera à inverser la tendance, selon les experts.

Le paludisme est une maladie infectieuse due à plusieurs espèces de parasites appartenant au genre Plasmodium transmis à l’Homme par les femelles moustiques infectées de l’espèce Anopheles. L’Organisation Mondiale de la santé recense plus de 200 millions de cas dans le monde annuellement et près d’un demi-million de décès, principalement les zones tropicales défavorisées d’Afrique (94 % des cas en 2019), d’Asie et d’Amérique Latine, dont environ 260 000 enfants de moins de cinq ans. Les agressions répétées peuvent également altérer de façon permanente le système immunitaire, exposant des organismes beaucoup plus vulnérables à d’autres agents pathogènes.

Pour lutter contre la maladie, il est existe aujourd’hui plusieurs médicaments antipaludiques, mais ils ne sont pas parfaits. Les moustiquaires sont une également une arme préventive de choix, mais là encore, elles ne sont pas suffisantes. Aussi pendant longtemps, les médecins et chercheurs ont espéré le développement d’un vaccin suffisamment efficace pour prévenir la maladie. De nombreux candidats ont été développés, mais aucun n’a jamais dépassé le stade des essais cliniques. Du moins jusqu’à présent.

Une efficacité suffisante pour faire la différence

Le nouveau sérum, développé par GlaxoSmithKline, stimule le système immunitaire d’un enfant pour contrecarrer les parasites du genre Plasmodium falciparum. L’OMS vient de l’approuver sur la des résultats d’un programme pilote en cours au Ghana, au Kenya et au Malawi impliquant plus de 800 000 enfants depuis 2019.

Au cours de ce programme, le vaccin a eu une efficacité d’environ 50 % contre la forme grave de la maladie la première année. En outre, les essais n’ont pas mesuré directement l’impact du vaccin sur les décès, mais nous savons que le paludisme grave représente jusqu’à la moitié des décès dus au paludisme.

Aussi malgré ces résultats, les experts estiment que ce vaccin pourrait faire une vraie différence. D’après une étude de modélisation faite l’année dernière, il pourrait en effet prévenir jusqu’à 5,4 millions de cas et 23 000 décès chez les enfants de moins de cinq ans chaque année une fois déployé dans les pays où l’incidence du paludisme est la plus élevée.

En outre, un autre essai du vaccin en combinaison avec des médicaments préventifs administrés aux enfants pendant les saisons de transmission élevée a également révélé que la double approche était beaucoup plus efficace pour prévenir les maladies graves, les hospitalisations et les décès que l’une ou l’autre méthode seule.

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Crédits : Flickr/ Pan American Health Organization PAHO

Un “événement historique”

Disposer d’un vaccin antipaludique sûr, modérément efficace et prêt à être distribué est «un événement historique», a déclaré le Dr Pedro Alonso, directeur du programme mondial de lutte contre le paludisme de l’OMS. L’utilisation de ce sérum, en plus des outils existants pour prévenir le paludisme, pourrait sauver des dizaines de milliers de jeunes vies chaque année, estiment les experts.

La prochaine grande étape sera de déterminer si le vaccin est un investissement rentable. C’est Gavi, l’alliance mondiale des vaccins, qui s’en chargera. Si le conseil d’administration de l’organisation approuve le sérum (ce qui n’est pas garanti), Gavi financera l’achat de doses pour les pays qui en demandent. Ce processus devrait prendre au moins un an. En cas de succès, ces doses pourront alors être distribuées. Dès lors, le vaccin sera administré en trois doses entre 5 et 17 mois, et une quatrième dose environ 18 mois plus tard.