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Histoire : Les premiers chasseurs étaient des « caillasseurs » !

Credit: Istock

Des hommes préhistoriques rassemblaient les meilleurs projectiles trouvés ci et là, dans le but de chasser le gibier. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une telle activité nécessitait d’être doué « balistiquement parlant » !

L’homme a toujours été le meilleur lanceur du monde, au moins durant le million d’années qui vient de s’écouler, et ce tant au niveau de la précision que de la force. Une récente étude suggère que nos ancêtres ont acquis très tôt la capacité de sélectionner les meilleurs projectiles selon leur potentiel meurtrier et balistique. Les recherches ont été menées par Andrew Wilson, de l’université Beckett de Leeds (Royaume-Uni) et Geoffrey Bingham, de l’université Bloomington de l’Indiana (États-Unis).

Les chercheurs ont ré-analyser des sphéroïdes provenant du site archéologique de la grotte de Hearths située dans la vallée Makapan, dans le Transvaal (Afrique du Sud). D’ailleurs, c’est ici que l’on aurait retrouvé l’un des premiers spécimens d’Homo Sapiens.

Ces « cailloux » de la taille d’une balle de tennis, mais évidemment plus lourds, intriguent les chercheurs depuis maintenant trois décennies. Datés entre -1,8 million d’années et -70.000, ces sphéroïdes étaient disposés en tas dans les grottes, prouvant qu’ils étaient sélectionnés et conservés pour une raison bien précise. De plus, nos ancêtres parcouraient jusqu’à 2km pour récolter ces précieuses roches.

« C’étaient des missiles choisis pour faire mouche avec un maximum de dégâts » indiquent Andrew Wilson et Geoffrey Bingham.

Exemples de sphéroïdes retrouvés en Afrique du Sud (Credit: Image courtesy of Leeds Beckett University)

Pas moins de 55 sphéroïdes vieux de 500.000 ans ont été analysés et soupesés. Aucune trace de percussion n’y figurait, prouvant que les pierres n’étaient pas utilisées pour tailler ou écraser. En revanche, les chercheurs ont effectué des simulations mathématiques mettant en lumière leur impact sur un animal sauvage de taille moyenne chassé à une distance de 25 mètres. L’animal pris en exemple affichait 90 cm au garrot pour 60kg.

Résultat : 81% des pierres analysées ont été qualifiées de « projectiles idéaux », capables de provoquer des blessures si dures qu’elles ont pu fracturer des membres et/ou assommer le gibier.

Les chercheurs indiquent que « les hommes préhistoriques choisissaient des pierres de bonne taille, suffisamment petites pour tenir dans une main », que chaque pierre était « suffisamment lourde pour voler loin et faire des dégâts, mais pas trop quand même de façon à ce qu’elle puisse atteindre une cible donnée à 25 m de distance », tout en précisant que « les dommages sont proportionnels à la vitesse d’impact ».

Et vous, saviez-vous que ce type de chasse était pratiquée bien avant l’invention de la lance ?

Sources : Science DailySciences et Avenir