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Herbicide : les dangereuses conséquences sur la santé d’une exposition à l’atrazine s’observeraient sur plusieurs générations

Crédit : Wikimedia

En 2001, le ministère français de l’Agriculture fait interdire l’atrazine, un désherbant azoté suspecté d’avoir un caractère cancérigène pour l’homme et d’affecter le système hormonal de certaines espèces animales. Aujourd’hui banni d’Europe, l’atrazine est cependant toujours utilisée aux États-Unis où elle contamine l’eau de près de trente millions d’américains. L’Université de l’État de Washington s’est donc attelée à l’observation des effets engendrés par l’exposition à cet herbicide et les résultats sans équivoque sont totalement catastrophiques.

Tout d’abord rassurante, l’étude publiée sur le site PLOS ONE et menée par Michael Skinner et son équipe démontre que des rats exposés à cet herbicide pendant leur développement embryonnaire arrivent à terme en bonne santé et ne développent aucune maladie par la suite. Mais ce sont les résultats observés sur les générations précédentes qui effraient les scientifiques : les maladies seraient plus présentes sur les rats de troisième génération exposés à l’atrazine que chez des rats dont les grands-parents n’y ont pas été exposés ! Mais comment ce phénomène est-il possible ? Ceci serait dû à l’héritage épigénétique !

L’héritage épigénétique est la conséquence d’épimutations intervenant directement dans la régulation de l’expression génétique d’un sujet. Ces mutations modulent la condensation de l’ADN et activent ou inhibent l’expression d’un gène. Elles sont les conséquences de l’environnement et du mode de vie du sujet. Dans notre cas, ce serait l’exposition à l’atrazine qui aurait provoqué des épimutations intervenant dans le développement de maladies et le dérèglement du système hormonal, mais seulement observables chez les générations précédentes.

Crédit : wuzefe / Pixabay

Ainsi, les chercheurs ont pu observer le développement de tumeurs mammaires et de maladies des testicules, une production de sperme altérée, une puberté précoce chez les mâles et un poids inférieur à la normale chez les femelles de deuxième génération. La troisième génération de rats subissait les conséquences d’une exposition à l’atrazine encore plus importante : en plus des résultats précédents, les rats étaient sujets à une hyperactivité et à une perte de poids phénoménale.

D’après cette recherche, les conséquences d’une exposition à l’atrazine ne seraient pas directement observables, mais interviendraient sur les générations futures des sujets exposés. Chez l’homme, les dommages créés par l’atrazine ne sont pas encore connus, seules les années nous laisseront en observer les conséquences.

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