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Haute-Savoie : le préfet autorise à nouveau l’abattage des bouquetins

Crédits : camptocamp.org

Dans le massif du Bargy, en Haute-Savoie, le préfet a pris une décision afin de lutter contre la brucellose, une maladie pouvant se transmettre par la faune sauvage aux bovins d’élevage. L’élu a en effet autorisé les tirs d’abattage de 170 bouquetins du Bargy, une décision que dénoncent les associations de défense de l’environnement.

Une décision forte des autorités

Fin 2021, les éleveurs ont abattu pas moins de 220 vaches laitières à Saint-Laurent (Haute-Savoie). La raison n’est autre que la découverte d’un cas de contamination à la brucellose au sein du troupeau. Cette maladie bactérienne est causée par diverses espèces du genre Brucella. Elle infecte principalement les porcs, les bovins et autres moutons. Or, la faune sauvage peut en être l’origine et la cible est toute désignée : les bouquetins.

Après l’incident, les agriculteurs du département attendaient une décision forte des autorités. Aussi, comme l’indiquait France Bleu le 19 mars 2022, le préfet de la Haute-Savoie a signé un arrêté autorisant le tir d’un maximum de 170 bouquetins non marqués. Pour les Jeunes Agriculteurs de Haute-Savoie, il s’agit d’un premier pas vers le contrôle de la maladie.

Selon la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles du Finistère (FDSEA) de Haute-Savoie, il est maintenant nécessaire d’agir rapidement avant la montée en alpages. Il faudra également renforcer la surveillance des bêtes saines. Le fait est que si un cas de contamination est découvert, les bêtes saines seront tout de même conduites à l’abattoir.

bouquetin Bargy
Crédits : camptocamp.org

Deux camps s’affrontent

Si les agriculteurs reçoivent très bien la nouvelle, les associations de défense de l’environnement la dénoncent. C’est notamment le cas de l’association France Nature Environnement (FNE) qui rappelle que 95 % des bouquetins sont sains. De plus, les chiffres annoncent la présence de seulement 380 bouquetins dans le massif du Bargy. Le parti Europe Écologie les Verts se demande quant à lui pourquoi il faudrait tuer des animaux hors de toute contamination.

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) avait également rendu un avis négatif au préfet de Haute-Savoie en janvier 2022. Le CNPN soulignait alors l’existence d’alternatives beaucoup plus efficaces que l’abattage, à savoir des captures et tests. De plus, il faut savoir que la décision de la préfecture a aussi été prise contre l’avis des citoyens. Effectivement, la consultation publique sur le sujet a recueilli 84 % d’opinions défavorables à l’abattage.

Deux camps s’affrontent donc dans cette affaire qui pourrait se terminer en justice. En effet, les associations (incluant également LPO France, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) ainsi que One Voice) songeraient à demander la suspension de l’arrêté du préfet devant le tribunal administratif de Grenoble.