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À quoi ressembleront les futures “guerres spatiales” ?

Crédits : PIRO4D/pixabay

Alors que certains pays continuent de militariser l’espace, les experts commencent à imaginer à quoi pourrait ressembler un véritable affrontement au-dessus de nos têtes. Selon un nouveau rapport, les futures guerres spatiales seront probablement beaucoup plus lentes et plus délibérées.

Il y a un peu plus de deux ans, Donald Trump déclarait son intention de développer une force spatiale américaine. Officiellement créée en décembre 2019, cette première “Force spatiale” vise désormais à conduire des opérations militaires dans l’espace dans le but de protéger les actifs et les intérêts américains. Naturellement, la création de cette force spatiale américaine a fait naître toutes sortes de notions fantaisistes sur le combat dans l’espace. Les satellites militaires agiront-ils un jour comme des X-wings et des Tie Fighters ?

A priori, ce n’est pas pour demain, selon un nouveau rapport examinant ce qui serait techniquement possible en matière de combat spatial dans un avenir proche. D’après ce papier, publié par The Aerospace Corporation, les contraintes physiques suggèrent que toutes les batailles et guerres devront être planifiées longtemps à l’avance.

Des guerres lentes et largement planifiées

Sur Terre, une guerre implique généralement un effort de forces opposées pour dominer des actifs physiques. Dans l’espace, ce type d’approche serait impossible pour plusieurs raisons.

Les satellites se déplacent très rapidement et de manière prévisible. Sur des orbites circulaires, certains voyagent à entre 3 de 8 km/s, selon leur altitude. En comparaison, une balle moyenne ne parcourt qu’environ 0,75 km/s.

L’espace proche est immense : le volume d’espace entre l’orbite terrestre basse et l’orbite géostationnaire est d’environ 200 trillions de kilomètres cubes. C’est environ 190 fois plus grand que le volume de la Terre.

– Problème de timing : dans les limites de l’atmosphère, les avions, chars et autres navires peuvent théoriquement se déplacer dans plusieurs directions. Les satellites n’ont pas cette liberté. En raison de l’attraction gravitationnelle de la Terre, ces instruments se déplacent toujours selon une trajectoire circulaire ou elliptique, constamment en chute libre autour de la Terre. Le simple fait de plusieurs satellites au même endroit pour mener une “guerre” serait physiquement très compliqué. De plus, à de telles vitesses, ces instruments se manœuvrent très lentement.

En conclusion, “si effectivement des manœuvres devaient être planifiées dans l’espace, elles devraient l’être longtemps à l’avance“, explique Rebecca Reesman, coauteure du rapport. “Tout conflit dans l’espace sera donc en réalité beaucoup plus lent et plus délibéré qu’une scène Star Wars. Cela nécessitera beaucoup plus de réflexion à long terme et de placement stratégique des actifs“. Autrement dit, inutile d’imaginer la moindre escarmouche spontanée dans l’espace.

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Le président Donald Trump brandit la Directive sur la politique spatiale le 18 juin 2018, à Washington. Crédits : NASA / Bill Ingalls

Brouiller les pistes depuis le sol

Le rapport identifie également plusieurs façons dont les satellites pourraient être “attaqués”. Outre la libération de missiles au sol, des signaux radio pourraient également être utilisés pour brouiller les satellites d’un adversaire. C’est une sorte d’extension de la guerre électronique déjà en cours dans les batailles navales et aériennes. Aussi, l’accent sera principalement mis sur la défense de ces satellites, et non sur l’attaque des instruments adverses.

Évidemment, les nations seront fortement incitées à ne pas détruire d’autres satellites en raison du potentiel de créer des débris supplémentaires susceptibles d’affecter les actifs d’autres pays dans l’espace. Cependant, il n’est pas difficile d’imaginer qu’une nation puisse décider de perdre définitivement l’accès à certains emplacements en orbite géostationnaire, à cause de ces débris, dans le simple but de gagner une guerre au sol.