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Cette grotte fut un véritable support créatif pour Néandertaliens et humains modernes

grotte Cueva de Ardales néandertaliens
Crédits : Ramos-Muñoz et al., PLoS One 2022

Cueva de Ardales est un site paléolithique espagnol important en raison de son riche inventaire d’art rupestre. Selon de nouveaux travaux de datation, les Néandertaliens seraient entrés dans cette grotte il y a plus de 65 000 ans, tapissant les murs de nombreux symboles. Par la suite, la grotte aurait été visitée à plusieurs reprises par Homo sapiens.

Son entrée fut révélée il y a environ deux cents ans par un tremblement de terre. Cueva de Ardales, un vaste réseau de grottes retrouvé dans le sud de l’Espagne, abrite plus de mille peintures et gravures réalisées par les premiers humains modernes et Néandertaliens, nos plus proches cousins. Bien qu’une grande partie de cet art soit connue depuis les premières explorations de la grotte en 1821, l’âge précis et la chronologie de ces dessins n’avaient jamais été établis. C’est désormais chose faite et les détails de cette étude sont publiés dans la revue PLoS One.

Une grotte longtemps fréquentée

Une combinaison de datation radiométrique et d’analyse des restes et des artefacts dans la grotte fournit la preuve que les premiers occupants du site étaient probablement des Néandertaliens il y a plus de 65 000 ans. Nos ancêtres seraient arrivés plus tard, il y a environ 35 000 ans. Ces derniers auraient utilisé la grotte de manière sporadique jusqu’au début de la période chalcolithique (âge du cuivre).

« Les fouilles et les études menées à Cueva de Ardales confirment qu’elle a été le site de comportements symboliques répétés par divers groupes humains pendant plus de 58 000 ans« , souligne José Ramos-Muñoz, archéologue à l’Université de Cadi (Espagne). « Au paléolithique, d’abord les Néandertaliens, puis les humains anatomiquement modernes sont entrés dans la grotte pour créer de l’art rupestre.« 

L’art rupestre le plus ancien de la grotte est situé près de l’entrée. Il se compose de signes abstraits tels que des points, des bouts de doigts et des pochoirs à la main créés avec du pigment rouge. Les œuvres d’art ultérieures, des peintures figuratives telles que des animaux, dominent ensuite l’intérieur de la grotte.

Enfin, les œuvres les plus élaborées sont situées dans les zones les plus sombres, ce qui signifie qu’aucune lumière naturelle ne les aurait atteintes au cours de la préhistoire. Des résidus de charbon de bois dans les chapeaux de stalagmites près de certaines de ces œuvres suggèrent que les stalagmites étaient utilisées comme des lampes fixes pour travailler.

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Points rouges abstraits sur le mur de la grotte. Crédits : Ramos-Muñoz et coll., PLoS One, 2022
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Des résidus de charbon de bois dans une stalagmite. Crédits : Ramos-Muñoz et coll., PLoS One, 2022

On y venait pour peindre, pas pour y vivre

« Ce qui est très excitant, c’est que pour autant que nous puissions en juger jusqu’à présent, cette grotte n’était pas un camping classique« , ajoute le chercheur. Effectivement, si ces œuvres témoignent de l’utilisation de cette grotte comme lieu de sépulture durant l’Holocène, les chercheurs n’ont isolé quasiment aucune preuve d’activités domestiques. Cela signifie que ni les Néandertaliens, ni même les humains modernes plus tard n’y vivaient. Tous ces groupes vivaient probablement à l’extérieur ou près de l’entrée.

Ces résultats confirment ainsi l’importance de Cueva de Ardales en tant que site à haute valeur symbolique.