Un gros satellite européen fera un retour incontrôlé sur Terre mercredi

satellite ERS-2
La société d'imagerie commerciale HEO Robotics a capturé des images du satellite ERS-2 de l'Agence spatiale européenne alors qu'il tombe vers l'atmosphère terrestre le 14 février 2024. Crédits : HEO Robotics

Il y a près de trois décennies, l’Agence spatiale européenne (ESA) a lancé son satellite de télédétection 2 (ERS-2). Destiné à l’observation de la Terre, il a fonctionné de manière optimale pendant plus de quinze ans avant que l’ESA ne mette fin à ses opérations en 2011. Pour préparer son élimination, les opérateurs avaient effectué plusieurs manœuvres pour réduire son altitude en 2011, le positionnant ainsi pour une rentrée atmosphérique prévue ce mercredi.

Un satellite essentiel

Le satellite ERS-2 faisait partie du programme ERS qui visait à fournir des données satellitaires pour des applications liées à l’environnement et à la surveillance de la Terre. Lancé le 21 avril 1995 depuis le Centre spatial guyanais à Kourou, en Guyane française, à bord d’une fusée Ariane 4, il avait pour objectif principal de collecter des données sur les ressources naturelles, les océans, l’atmosphère et les changements environnementaux.

Pour opérer, le satellite était équipé de plusieurs instruments de télédétection avancés, notamment un radar à synthèse d’ouverture (SAR), un altimètre radar, un radiomètre micro-ondes et d’autres capteurs. Ces instruments permettaient de recueillir des informations précieuses sur la topographie, la couverture nuageuse, la salinité des océans et d’autres paramètres environnementaux.

ERS-2, qui évoluait à une altitude d’environ 780 kilomètres, avait initialement été conçu pour fonctionner pendant une durée opérationnelle nominale d’environ trois ans. Bien que sa durée de vie ait été dépassée, le satellite a continué à fonctionner pendant de nombreuses années, avant d’être finalement mis au rebut en septembre 2011.

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Illustration d’artiste du satellite ERS-2 de l’ESA en orbite terrestre. Le vaisseau spatial devrait retomber sur Terre en février 2024. Crédits : ESA

Une rentrée incontrôlée prévue ce mercredi

À l’époque, l’Agence spatiale européenne (ESA) avait pris des mesures pour abaisser l’altitude du satellite à 530 km. Cela aura permis au fil du temps de favoriser sa rentrée dans l’atmosphère. Dans le cadre de ce processus, les réservoirs de carburant du satellite avaient été vidés pour minimiser le risque d’une explosion qui pourrait entraîner la création de débris spatiaux.

Plus de dix ans après ces manœuvres, le satellite Remote Sensing 2 est désormais sur le point de faire une rentrée, malheureusement incontrôlée. La descente du satellite vers la Terre est en cours, mais en l’absence de contrôle actif sur sa trajectoire, le lieu d’impact reste en effet incertain. Cette situation découle du fait que le satellite a été délibérément vidé de carburant il y a plus d’une décennie. Cela ne laisse donc pas suffisamment de marge pour assurer une entrée contrôlée dans une zone océanique isolée.

L’Agence spatiale européenne a adopté une approche transparente en communiquant régulièrement des mises à jour sur l’orbite du satellite. A priori, la rentrée atmosphérique se produira ce mercredi 21 février vers 5 h 14, avec une marge d’erreur de quinze heures. Cependant, cette prévision est sujette à des fluctuations en raison de l’activité solaire qui influence la densité de la haute atmosphère et impacte la descente du satellite.

Ainsi subsiste le risque que des fragments du satellite pesant jusqu’à 52 kg atteignent la surface terrestre. Toutefois, il est davantage probable que les parties non consumées retomberont dans l’océan.