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Groenland : cette ancienne base nucléaire représente une menace pour la Nature

Crédits : Wikipedia

Une bombe écologique à retardement, voilà la manière avec laquelle nous pouvons qualifier la présence de la base militaire de l’armée américaine Camp Century. Celle-ci, abandonnée depuis environ un demi-siècle, contient des déchets radioactifs et toxiques qui pourraient être mis à nu à cause de la fonde des glaces !

Une inquiétude grandissante

Il y a peu, nous avions déjà qualifié la fonte du permafrost de bombe climatique. Les conséquences sont préoccupantes : accélération du réchauffement climatique, libération de divers virus oubliés, potentielle émanation d’importantes quantités de mercure et dégâts matériels importants.

Une autre menace pourtant sous-jacente est bien réelle, relative à une base militaire de l’US Army connue sous le nom de Camp Century, désaffectée et abandonnée sous la glace du Groenland. Selon une étude publiée en 2016 par des chercheurs de l’Université Brown (États-Unis), la base souterraine contient d’énormes quantités de déchets, dont la nature fait froid dans le dos !

Plan de la base américaine Camp Century. Crédits : Wikipedia

La base Camp Century

Cette base américaine située à environ 35 mètres sous la glace a été construite en 1959 pour officiellement y mener des recherches scientifiques. Cependant, rappelons que nous étions en pleine guerre froide. L’objectif réel des Américains était plutôt de profiter de la position stratégique du lieu afin de frapper l’URSS en cas de conflit. Ainsi, le projet Iceworm prévoyait l’installation de 600 ogives nucléaires prêtes à l’emploi.

Le projet a par la suite été jugé trop compliqué et a été abandonné en 1967. En revanche, lorsque les soldats sont partis, ceux-ci ont laissé de nombreux déchets derrière eux, accumulés durant les années d’activité de la base. Par ailleurs, une décontamination très basique a été opérée, si bien qu’aujourd’hui le lieu devient source d’inquiétude avec la fonte des glaces.

Il faut savoir que la base en question contiendrait 200 000 litres de gazole, 240 000 litres d’eaux usées ainsi que de nombreux polychlorobiphényles (PCB), des polluants toxiques persistants dans l’environnement. Pire encore, il y a également la présence de liquide radioactif issu du réacteur nucléaire – dont la quantité reste inconnue.

Selon les chercheurs de l’étude de 2016, le scénario le moins optimiste serait un déversement de tous ces déchets dans l’océan Arctique dès 2090.

Sources : National GeographicPopular Science

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