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Les grizzlys sont-ils en train de devenir “végétariens” sous l’effet du réchauffement climatique ?

Crédits : iStock

Des chercheurs américains ont fait état d’observations surprenantes concernant des grizzlis vivant en Alaska. Ces derniers délaisseraient progressivement les saumons et se tourneraient vers la cueillette de baies. Les ours sont-ils en train de devenir végétariens à cause du réchauffement climatique ?

Sur l’île de Kodiak en Alaska (États-Unis), les grizzlis adoptent un comportement étrange puisqu’ils ne semblent plus vraiment apprécier le saumon ! Selon l’étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le 18 juillet 2017, le réchauffement climatique serait responsable de ce comportement inhabituel qui pourrait d’ailleurs affecter l’écosystème entier de cette zone.

Des observations ont été faites par deux chercheurs en écologie de l’université d’état de l’Oregon en 2014 et 2015 et évoquent une quinzaine de grizzlis pucés (donc identifiables) en train de se nourrir de baies de sureau que nous connaissons pour leurs propriétés antivirales et anti-cancer.

« C’est un peu comme si le petit-déjeuner et le déjeuner étaient servis en même temps, et qu’il n’y a rien à manger jusqu’au dîner. Il faut choisir entre l’un et l’autre parce que l’on ne peut pas tout manger en même temps », résume l’un des deux chercheurs.

En réalité, les ours ont toujours mangé des baies de sureau. Cependant, ces derniers les plaçaient au menu du jour à leur maturité, après l’arrivée des saumons ardemment chassés dans les rivières. En revanche, lorsque les saumons et les baies sont disponibles pratiquement au même moment, les ours choisissent les baies de sureau et les recherches menées montrent que ces mêmes baies mûrissent de plus en plus tôt, une précocité directement liée au réchauffement climatique.

Crédits : Wikimedia Commons

Nous aurions tendance à penser qu’il s’agit d’une sélection peu logique de la part des ours puisqu’il est supposé que les saumons constituent un apport plus important en énergie. En réalité, les saumons sont trop riches en protéines et font perdre du poids aux ours, tandis que les baies de sureaux « contiennent à peu près la quantité optimale de protéines et en se concentrant sur cette source de nourriture, les grizzlys prennent du poids aussi vite que possible », selon les chercheurs.

Il s’avère que les ours ont été habitués à bénéficier d’une alimentation variée et que ce comportement ne semble pas être une très bonne nouvelle. Ainsi, les ours choisissant les baies de sureaux sont susceptibles de louper la période des saumons, mais les chercheurs pensent que ces derniers pourraient se nourrir de cadavres de poissons retrouvés ci et là. La maturité des baies semble s’avancer de presque trois jours en moyenne chaque année, ce qui pourrait conduire à un parfait chevauchement des deux périodes d’ici à une cinquantaine d’années.

L’écosystème tout entier pourrait être impacté, les chercheurs évoquent en effet « un lien écologique qui fertilise habituellement les écosystèmes terrestres » générant « un plus fort taux de mortalité des saumons ».

Sources : The TelegraphSlate