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Que se passera-t-il lorsque la grippe rencontrera la Covid-19 ?

Crédits : Syaibatulhamdi/pixabay

Plusieurs charges virales se bousculent actuellement au portillon pour infecter nos voies respiratoires. Tiendront-elles la Covid-19 à distance ou devront-elles se partager leurs hôtes ? Deux scénarios, deux issues différentes.

Avec le manque de recul, certains avaient imaginé que la virulence du SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19, allait diminuer à mesure que les températures se réchaufferaient. Force est de constater que le virus continue de sévir à un rythme très soutenu. À ce jour, plus de 19,6 millions de personnes ont été contaminées dans le monde depuis fin décembre, selon un comptage réalisé dimanche 9 août par l’Agence France-Presse (AFP). Sur cet échantillon, près de 730 000 d’entre elles ont été tuées.

Une autre interrogation se pose dorénavant, alors que l’automne, et surtout l’hiver, se profilent : comment réagira le SARS-CoV-2 en contact avec d’autres charges virales ?

La menace grippale

Inutile de se voiler la face, le nouveau coronavirus sera toujours là en octobre, comme il sera toujours là à Noël et au printemps prochain. D’ici là, il est à espérer que nous puissions mieux tester la population et mettre en quarantaine les cas suspects de manière à le contenir. Néanmoins, il sera surtout important de mieux traiter les cas les plus graves. Pourquoi ? Parce qu’une épidémie de grippe davantage mortelle se profile à l’horizon. Cette année, les hôpitaux vont ainsi devoir faire face à cette incroyable double menace virale.

Le premier problème sera de déterminer quel virus infecte chaque patient. “La grippe, la Covid-19 et d’autres maladies respiratoires saisonnières sont en effet pratiquement impossibles à distinguer sur la simple base des symptômes“, prévient Barbara Rath de l’Université de Nottingham. “Même les pertes du goût et de l’odorat, que de nombreuses personnes contractent avec la Covid-19, ne sont pas uniques à cette maladie“.

Ainsi, nous aurons besoin de tests de diagnostic plus nombreux et plus efficaces pour, dans un premier temps, déterminer quelle charge virage devra être traitée. Comme le souligne en effet Debora MacKenzie dans The Guardian, les conséquences pour le personnel hospitalier ne sont pas les mêmes. “Avec la Covid-19, vous avez besoin d’un équipement de protection complet, tandis qu’il existe aujourd’hui des vaccins permettant de se prémunir contre la grippe“.

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Crédit : whitesession / Pixabay

L’interférence virale, une inconnue déterminante

Il s’agira également d’évaluer dès le début le comportement du SARS-CoV-2 avec les autres virus respiratoires en circulation.

Les hostilités commenceront dès le mois de septembre avec les premiers rhumes. Suivra le virus respiratoire syncytial (VRS), en octobre et novembre, capable de fragiliser les plus jeunes et les plus âgés d’entre nous. Puis viendra la grippe, capable de sévir jusqu’au printemps. Pour rappel, elle entraîne en moyenne 12 000 décès en France chaque année.

Ces différentes vagues se succèdent ainsi à cause d’un phénomène appelé “interférence virale”. Grossièrement, si un virus est installé, un autre doit généralement attendre son tour pour sévir à son tour. La question est maintenant de savoir comment la Covid-19 va s’intégrer au milieu de cette “queuleuleu virale”.

Les risques de la co-infection

Malheureusement, tous les virus ne régissent pas de la même manière. Il peut en effet nous arriver d’être infectés par deux virus à la fois. C’est pourquoi l’épidémie de grippe à venir est si inquiétante. D’ailleurs, il est important de rappeler que la première personne décédée de la Covid en dehors de la Chine (un Philippin de 44 ans) avait également la grippe.

On ne sait pas si cette seconde charge virale a ou non exacerbé les risques de mortalité de la victime. Tout ce que nous savons, c’est que celle-ci était assez jeune. “Ainsi nous supposons que l’issue de cette co-infection n’est pas excellente“, prévient Florian Krammer de la Mount Sinai School of Medicine à New York.

De même, nous savons également qu’à Wuhan, en janvier et février de cette année, la Covid-19 s’est installée alors que la grippe circulait encore dans la région. Et nous savons que de nombreux patients avaient les deux virus.

D’après les médecins, cette co-infection n’a pas augmenté le taux de mortalité des concernés, en comparaison des personnes atteintes uniquement de la Covid. En revanche, elles présentaient davantage de lésions cardiaques et souffraient d’une inflammation plus importante. Il s’agissait probablement du résultat d’une réaction excessive du système immunitaire devant faire face à deux menaces en même temps.

Finalement, que va-t-il se passer cet hiver ? Seul l’avenir nous le dira. Les optimistes miseront sur une interférence virale significative, espérant que les épidémies qui se manifesteront dès cet automne tiendront la Covid-19 à distance. De leur côté, les moins optimistes craindront une évolution virale parallèle. Malheureusement, ce dernier cas de figure pourrait être beaucoup plus difficile à gérer.