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Grippe aviaire H3N8 : un premier cas de contamination humaine détecté en Chine

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Crédits : European Centre for Disease Prevention and Control

Les autorités chinoises affirment avoir détecté le tout premier cas de grippe aviaire H3N8 chez l’Homme. En effet, un enfant de quatre ans a été contaminé dans le centre du pays. Néanmoins, ces mêmes autorités promettent un faible risque de transmission entre humains.

Un enfant directement contaminé par des oiseaux

Avec le sous-type H7N7, le sous-type H3N8 du virus de la grippe A est l’un des deux virus à l’origine de la grippe équine et grippe canine, et il touche également les oiseaux. Connu depuis la fin du XIXe siècle, il a été supposé que le virus de la grippe aviaire H3N8 se trouvait à l’origine de la pandémie de grippe de 1889-1890 (ou grippe russe), ayant causé le décès d’environ un million de personnes. Finalement, ce ne fut pas le cas. Il aura fallu attendre plus d’un siècle pour que ce sous-type a fasse réellement l’objet d’une première contamination humaine comme le rapporte l’agence de presse Reuters le 27 avril 2022.

Selon le ministère de la Santé de Chine, un enfant de quatre ans a été directement infecté par des oiseaux dans la province du Henan. Les parents de l’enfant élèvent des poules et toute la famille vit dans une zone peuplée par des corbeaux et des canards sauvages. Toutefois, les autorités sanitaires ayant pratiqué des tests sur l’entourage de l’enfant n’auraient découvert aucune anomalie. L’enfant avait été hospitalisé pour une fièvre début avril 2022, avant d’être testé positif au sous-type H3N8.

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Crédits : IAEA Imagebank / iStock

Un faible risque de pandémie

Le ministère de la Santé chinois estime qu’il s’agit ici d’une « transmission interespèces ponctuelle ». Cela impliquerait donc un risque faible de transmission à grande échelle. En revanche, les autorités conseillent à la population de rester à l’écart d’oiseaux morts ou malades. Par ailleurs, le virus fait actuellement l’objet d’une surveillance accrue afin d’éviter tout débordement. Une consultation chez le médecin est également nécessaire en cas de fièvre ou de symptômes respiratoires.

Des analyses de séquences du génome dans son ensemble ont permis de comprendre qu’il s’agissait ici d’une recombinaison virale, c’est-à-dire le mélange du programme génétique de deux virus. Or, cette recombinaison virale était déjà connue. Il faut dire que la Chine contient de nombreuses populations d’oiseaux d’élevage et sauvages, offrant un terrain propice aux recombinaisons virales et aux mutations. En résultent des souches potentiellement capables de s’adapter aux humains et aux autres mammifères. En juin 2021, le premier cas humain de grippe aviaire H10N3 y avait par exemple été découvert. Et là encore, les autorités s’étaient montrées rassurantes et affirmaient que le risque de pandémie était très faible.