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Grève : mais que se passe-t-il aux urgences ?

Crédits : Philippe Agnifili / Flickr

Depuis plusieurs mois, certains services d’urgence se sont mis en grève alors que plus de 20 millions de personnes s’y rendent chaque année. Le but ? Dénoncer l’épuisement du personnel ainsi que le manque de moyens alors que le Projet de loi Santé vient d’être adopté.

Les urgentistes révoltés

Ce 11 juin 2019, le Sénat a adopté le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé. Ce projet a été porté par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Ce jour-là, de nombreux urgentistes et autres personnels de santé manifestaient devant le ministère concerné. Depuis trois mois, une grève importante s’est installée dans le paysage des urgences françaises.

Le principal problème des urgences ? Des services saturés par environ 4 millions de patients qui se rendent aux urgences chaque année sans en avoir réellement besoin. Ceci traduit selon les urgentistes un manque criant de médecins généralistes occasionnant des déserts médicaux un peu partout dans le pays. Or, il faut savoir que ce nombre de patients représente un cinquième du total des personnes qui se rendent aux urgences chaque année, soit 21 millions. De plus, le nombre d’admissions aux urgences augmente de 3,5 % par an en moyenne et ce même nombre aurait doublé en seulement deux décennies !

Ces nombreux services d’urgence sont en grève depuis maintenant trois mois dans notre pays !
Crédits : Wikimedia Commons

Trop d’attente aux urgences

Comme le rappelait RTL, notre pays compte 641 services d’urgence et pas moins de 77 % d’entre eux dépendant du service public. Chaque année, chacun de ces services accueille en moyenne près de 30 000 patients. Par ailleurs, les urgences coûtent de plus en plus cher à l’État : 3,1 milliards d’euros en 2016 ! Pour l’Assurance maladie, les coûts sont de 115 euros la consultation en journée et 150 euros la nuit.

Ces mêmes services d’urgences font travailler pas moins de 9 500 personnes, un nombre 13 % fois plus important qu’il y a trois ans. En revanche, cette hausse est loin de compenser celle du nombre de patients ! En conséquence, le temps d’attente aux urgences est encore très long, en moyenne 2 h 40 en Île-de-France. Néanmoins, pour un quart des patients, ce temps d’attente est compris entre 4 et 8 heures, ce qui est bien entendu énorme. Durant l’été 2018, pas moins de 30 000 patients n’ont pas pu recevoir de lit et sont restés sur des brancards durant la nuit, une situation évidemment inacceptable.

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