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Greffes d’organes aux États-Unis : les non-vaccinés relégués en bas des listes d’attente

Crédits : Pixabay

Aux États-Unis, plusieurs établissements médicaux orientent les dons d’organes vers les patients ayant été vaccinés contre la Covid-19, reléguant les non-vaccinés vers le bas des listes d’attente de transplantation.

Les non-vaccinés exclus des listes d’attente pour les greffes d’organes

L’histoire de Leilani Lutali (56 ans), originaire du Colorado, a récemment fait la une de plusieurs journaux. Il y a quelques semaines, l’établissement de santé UCHealth, à Denver, a refusé de lui transplanter un rein parce qu’elle n’était pas vaccinée. Dans une lettre, les médecins lui ont informé qu’elle serait répertoriée comme « inactivée » sur la liste d’attente pour une transplantation si elle ne recevait pas une première dose de vaccin dans les trente jours. Interrogée par l’Associated Press, cette Américaine a déclaré qu’elle s’opposait aux vaccins pour des raisons religieuses.

Le cas de cette femme n’est qu’un exemple parmi tant d’autres enregistrés dans plus de 250 centres de transplantation d’organes à travers le pays. L’idée derrière cette prise de position est simple : avec la transmission du coronavirus pandémique toujours élevée aux États-Unis, les candidats aux greffes non vaccinés sont confrontés à un risque extrêmement élevé de Covid-19.

Recevoir un organe greffé oblige en effet les patients à prendre des médicaments immunosuppresseurs qui empêcheront leur corps de rejeter ledit organe. En conséquence, cette suppression immunitaire rend également les receveurs très susceptibles d’être infectés par le SRAS-CoV-2. D’après certains experts cités par Ars Technica, le risque pour les receveurs de greffe de mourir de la Covid-19 peut atteindre 20 à 30 %. Or, les médecins ne peuvent se permettre de « gâcher » des organes.

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Crédits : Public Domain Pictures

Prioriser les personnes ayant meilleures chances de survie

Ce n’est pas la première fois que ce type d’argument est avancé dans le but de prioriser les personnes qui recevront des organes en fonction des chances de survie. Depuis longtemps, il est en effet demandé aux fumeurs d’arrêter de fumer pendant six mois avant de recevoir des greffes de poumons ou aux alcooliques et toxicomanes de s’abstenir de consommer de l’alcool et des drogues avant de recevoir un nouveau foie. Exiger un schéma de vaccination complet contre les maladies infectieuses est également très courant.

Aussi, pour de nombreux établissements, le fait de favoriser les personnes vaccinées contre la Covid-19 est tout à fait normal, compte tenu de la rareté des organes disponibles et de la disponibilité des vaccins anti-covid.

« Nous mandatons les vaccins contre l’hépatite et la grippe, et personne n’a de problème avec cela« , souligne à KHN le Dr Kapilkumar Patel, directeur du programme de transplantation pulmonaire à l’hôpital général de Tampa en Floride. « Et maintenant, nous avons ce vaccin qui peut sauver des vies et avoir un impact sur la phase de récupération post-greffe. Et nous avons cet énorme tollé de la part du public« .

En outre, les établissements ne font que suivre les recommandations. Le 13 août, les membres de l’American Society of Transplantation et l’International Society for Heart and Lung Transplantation (ISHLT) ont en effet en effet publié une déclaration conjointe demandant à ce que « tous les receveurs d’une greffe d’organe solide soient vaccinés contre le SRAS-CoV-2« .

Aussi, de plus en plus de programmes de transplantation adoptent cette politique, mais pas encore tous. Leilani Lutali, mentionnée en début d’article, se tourne désormais vers le Texas ou la Floride, plus souples sur les campagnes de vaccination anti-Covid.