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Pourquoi les grands mammifères produisent de petits spermatozoïdes ?

Crédits : TBIT/Pixabay

Parmi les mécanismes de la sélection naturelle, la lutte pour la reproduction a engendré une grande diversité de spermatozoïdes dans le monde animal. Mais si la logique voudrait que les gros animaux produisent de gros spermatozoïdes, c’est l’inverse qui se produit.

« Beaucoup de chercheurs ont tenté de comprendre pourquoi les spermatozoïdes sont si incroyablement diversifiés alors qu’ils ont tous le même objectif : fertiliser les oeufs des femelles » déclare Stefan Lüpold de l’Université de Zurich-Irchel en Suisse et coauteur de l’étude publiée dans la revue britannique Proceedings B.

Stefan Lüpold et John Fitzpatrick de l’Université de Stockholm, en Suède, ont souhaité étudier ce phénomène et ont pour cela récolté les données de 100 espèces de mammifères, de la souris à l’éléphant. Leurs conclusions rapportent que la taille du mammifère est tout de même un facteur déterminant dans l’évolution des spermatozoïdes. En réalité, les petits mammifères sont « économes« , et produisent moins de spermatozoïdes, mais ceux-ci sont très grands. Les grands mammifères, eux, produisent une très grande quantité de spermatozoïdes et peuvent se permettre de « gâcher« . Ainsi, un spermatozoïde de chat sera plus grand que celui d’un tigre, par exemple.

Pour les deux chercheurs, étant donné que l’appareil reproducteur de la femelle est vaste chez les mammifères de grande taille, les spermatozoïdes risquent de s’y perdre. « Dans ce cas, l’augmentation du nombre de spermatozoïdes est la meilleure stratégie. Avec plus de spermatozoïdes propulsés dans la course, le mâle optimise ses chances de concourir pour la fécondation« , explique Stefan Lüpold. Et s’il augmente la quantité, il ne peut en augmenter la taille, la production de spermatozoïdes étant limitée pour les testicules.

« Chez les animaux petits, le risque de perte ou de dilution est beaucoup plus faible. Du coup, c’est la longueur du spermatozoïde (par exemple si ceux-ci peuvent nager plus rapidement) qui prend l’avantage » conclut le chercheur.

Source : levif