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Protéger les animaux, c’est atténuer le changement climatique

crédits : cocoparisienne / Pixabay

Une récente étude publiée dans la revue Nature établit un lien entre la « défaunation » et le stockage de carbone dans les forêts tropicales. Protéger les animaux : l’une des clés pour atténuer le changement climatique.

Le déclin de grands vertébrés frugivores peut avoir des effets généralisés, en cascade sur les processus communautaires et au niveau de l’écosystème, les petits organismes étant parfois bien incapables d’accomplir les rôles écologiques des grands vertébrés. En mangeant les fruits, les animaux répandent les graines, assurant ainsi la descendance végétale. Résultat : dans les forêts tropicales, le stockage du carbone augmente. Une bonne chose pour le climat.

Il y a quelques mois, une étude codirigée par l’université de Leeds, au Royaume-Uni, rassemblait des experts d’une quinzaine d’organismes de divers pays (Australie, Costa Rica, Inde, Malaisie, République du Congo, etc.). À l’aide d’un ensemble de données et de simulations, les scientifiques ont alors étudié la façon dont la capacité à stocker du carbone chez les espèces d’arbres disséminées par de grands animaux différait de celles dispersées par de petits animaux ou via d’autres vecteurs, comme le vent ou la gravité. Les résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue Nature.

Moins d’animaux frugivores, moins d’arbres, moins de carbone

Les résultats montrent que dans les forêts tropicales américaines, africaines et sud-asiatiques, caractérisées par une forte proportion d’espèces animales disséminatrices de graines, les pertes de carbone sont significatives, de 2 à 12 %. En revanche, les sylves d’Asie du Sud-est et du continent australien, plus dépendantes des alizés et de la gravité pour la dispersion des graines, affichent aucune ou très peu de perte de carbone stocké (+ ou — 1 %).

À l’échelle mondiale, les résultats diffèrent donc selon les compositions floristiques et les modes de dispersion des graines des espèces végétales. Une chose est sûre, c’est que le déclin des grands animaux se traduira par des forêts moins fournies en grands arbres, et donc par une diminution du carbone stocké. Carbone stocké, qui réduit d’autant son accumulation dans l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone, ce qui contribue au changement climatique.

Nous savons aujourd’hui que les forêts tropicales représentent l’un des plus grands réservoirs de carbone terrestres, jouant un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. Mais sous l’effet combiné de la déforestation, du braconnage, ou de la fragmentation de l’habitat par l’Homme, les forêts tropicales se retrouvent alors privées de leurs hôtes les plus précieux et influents : ceux qui dispersent les graines d’espèces végétales capables de stocker d’importantes quantités de carbone. À terme, le diagnostic est inquiétant.

Source : Futura-sciences/Nature