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Cet incroyable oiseau passe 10 mois de l’année en vol, presque sans jamais poser les pattes au sol !

Credit: Wikimedia Commons

Le majestueux oiseau qu’est le jeune martinet noir passe l’essentiel de son temps en vol. En effet, chaque année dès le mois de juillet venu, il quitte l’Europe pour un long voyage et ne reviendra que 10 mois après, en passant par l’Afrique, sans quasiment poser le pied au sol.

Dix mois en vol en ne posant quasiment jamais le pied au sol : voilà ce qui représente l’essentiel de la vie du jeune martinet noir, un oiseau de 16 à 17 cm de longueur capable de vivre jusqu’à 21 ans. En effet, tous les ans il quitte l’Europe au mois de juillet pour migrer vers l’Afrique occidentale et centrale avant de revenir au mois de juin suivant… un long vol qui se déroule quasiment sans interruption !

« Ils se nourrissent dans l’air, ils s’accouplent dans l’air, ils récupèrent des matériaux pour leur nid dans l’air. Ils peuvent atterrir sur des nichoirs, des branches, ou des maisons, mais ils ne peuvent pas vraiment se poser sur le sol, car leurs ailes sont trop longues et leurs pattes trop courtes pour décoller d’une surface plane. » déclare Susanne Åkesson de l’université de Lund en Suède qui co-publie cette étude dans la revue Current Biology.

Pour confirmer cela, la chercheuse accompagnée de son mari Anders (également chercheur à l’Université de Lund) a accroché de légers enregistreurs de données à 19 martinets en 2013 pour les récupérer un ou deux ans plus tard. Ceux-ci enregistraient les niveaux de lumière locale pour identifier leur position, mais également l’accélération, l’activité et les positions du corps.

L’analyse des données a permis de constater que certains de ces oiseaux n’étaient presque jamais inactifs pendant ces longues migrations. Par exemple, entre septembre 2013 et avril 2014, l’un des oiseaux s’est seulement reposé 4 nuits en février. L’année suivante, il n’a jamais pris une nuit complète de repos. Sur la même période, il s’est arrêté pendant seulement deux heures. Si d’autres spécimens se sont reposés un peu plus souvent, c’est parce qu’ils n’avaient pas fini de remplacer les plumes de leurs ailes et de leur queue pendant leur mue annuelle. Mais pour ceux-là, le temps de repos maximum était de 0,64% de leur temps migration.

Ces longs vols impliquent que ces oiseaux sont capables de se nourrir en vol, notamment de plancton aérien ou encore de plusieurs centaines d’espèces différentes d’arthropodes, mais également de dormir en vol comme c’est le cas pour les oiseaux de mer capables de dormir 40 minutes par jour en plein vol à raison de quelques secondes à la fois.