in

Le « Grand Final » de la sonde Cassini, c’est pour très bientôt

Crédits : Capture vidéo / JPL NASA

Présente dans le système de Saturne depuis 2004, la sonde Cassini de la NASA s’apprête à entamer son « Grand Final », sa phase d’adieu au terme de laquelle elle plongera dans l’atmosphère de Saturne pour y brûler.

Le 22 avril prochain sera le début de la fin pour Cassini, la sonde de la NASA, avec le coup d’envoi de sa dernière phase baptisée « Grand Finale » avec une dernière rencontre de la plus grande lune de la planète aux anneaux, Titan. Cinq mois après, le 15 septembre, la sonde plongera dans l’atmosphère de la planète aux anneaux pour y brûler.

Mais avant de disparaître, Cassini réserve aux chercheurs des observations inédites puisqu’elle s’insérera dans un écart de 1 930 kilomètres entre la planète et son anneau le plus proche comme l’a confirmé Jim Green, directeur du Planetary Science Division de la NASA, au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue au JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la NASA le mardi 4 avril 2017 : « Quelle fin spectaculaire pour une mission spectaculaire ».

C’est la gravité de Titan qui donnera officiellement le coup d’envoi de ce « Grand Finale », en lançant Cassini près de l’atmosphère de Saturne, mettant fin à la série d’orbites de survol des anneaux. S’en suivront 22 orbites de Cassini entre Saturne et son anneau le plus interne pour des observations et des mesures totalement inédites. « Le Grand Finale est une toute nouvelle mission. Nous allons là où nous n’avons jamais été avant… et je pense que certaines des plus grandes découvertes peuvent provenir de ces orbites finales », commente Linda Spilker, scientifique du projet Cassini au JPL.

Ces manœuvres étaient jusque-là impossibles, car beaucoup trop risquées pour le bon déroulement et la continuité de la mission. Mais les informations que les chercheurs pourront tirer de cette approche inédite sont précieuses et il ne s’agit pas de prendre tous les risques. « Nous ne savons pas exactement où se finit l’anneau D… donc, pour être sûrs, nous voulons protéger l’instrumentation de l’engin spatial contre ces particules. Après tout, Cassini sera sur une “trajectoire balistique”, voyageant à une vitesse 122 000 km/h. Cela va être très risqué. Le matériau de l’anneau tombe réellement dans Saturne et il ne faudra pas beaucoup pour arrêter notre vaisseau spatial à la vitesse à laquelle il volera », ajoute Linda Spilker.

Si l’écart entre les anneaux est supposé ne contenir principalement que du vide pour les astronomes, ces derniers supposent tout de même que de petites particules vont frapper Cassini. Ainsi, au fur et à mesure, la sonde sera réorientée de manière à maximiser le blindage de son instrumentation derrière la grande antenne de Cassini, et ce, même s’ils estiment la probabilité de perdre la sonde suite à un impact à « moins de 1 % ».

En septembre, une fois la sonde incinérée pour ne pas qu’elle contamine Encelade ou Titan, deux lunes prometteuses, ce sera la fin d’une grande mission. « Je pense qu’une fois le signal perdu, cela signifiera que les battements cardiaques de Cassini sont partis. Je pense qu’il y aura une grande joie et des applaudissements pour l’accomplissement d’une mission absolument incroyable. Des étreintes, des larmes, la boîte Kleenex seront de sortie, mais nous nous réjouirons de faire partie d’une mission si merveilleuse », conclut Linda Spilker.

Source