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Invisible depuis 150 ans, le grand-duc de Shelley refait surface

Crédits : Rob Williamswwww

Le grand-duc de Shelley n’avait pas été aperçu depuis au moins 150 ans, bien caché dans les forêts tropicales africaines. Le rapace a toutefois récemment été photographié au Ghana par une équipe de spécialistes.

Un géant bien camouflé

Le grand-duc de Shelley (Bubo shelleyi) est une espèce d’oiseaux de la famille des Strigidae évoluant en Afrique équatoriale. Sa dernière « apparition officielle » à l’état sauvage datait de 1870. Décrit ensuite pour la première fois en 1872, l’oiseau s’est depuis « volatilisé ». Au cours de ces dernières décennies, certains ont rapporté l’avoir observé, quand d’autres étaient sûrs de l’avoir entendu à travers l’Afrique occidentale et centrale du Libéria à l’Angola, mais jusqu’à présent, rien de très concret.

Il y a quelques semaines, le Dr Joseph Tobias, du Département des sciences de la vie de l’Imperial College de Londres, et l’écologiste indépendant Dr Robert Williams, ont finalement réussi à obtenir une « photo de profil » exploitable au Ghana, dans la forêt d’Atewa. Les deux chercheurs effectuaient une étude sur les impacts biologiques du développement agricole en Afrique. L’observation a été furtive. L’oiseau n’est en effet resté perché que pendant dix à quinze secondes.

Ce cliché a rapidement permis de confirmer l’identité du grand-duc de Shelley qui développe quelques traits caractéristiques, notamment des yeux noirs distinctifs, un bec jaune et une taille énorme.

« Il était si grand qu’au début, nous pensions que c’était un aigle« , a déclaré le Dr Tobias dans un communiqué. « Heureusement, il était perché sur une branche basse. Lorsque nous avons levé nos jumelles, nos mâchoires sont alors tombées. Il n’y a pas d’autres espèces du genre aussi grandes dans les forêts tropicales d’Afrique« .

Un espoir de conservation

Cette dernière apparition sera sans aucun doute considérée comme une observation très excitante parmi la communauté des ornithologues.

« C’est une découverte sensationnelle« , a déclaré le Dr Nathaniel Annorbah de l’Université de l’environnement et du développement durable du Ghana. « Nous recherchons cet oiseau mystérieux depuis des années dans les basses terres de l’ouest, donc le trouver ici dans les forêts au sommet des crêtes de la région de l’est est une énorme surprise« .

L’espèce est actuellement considérée comme vulnérable à l’extinction. Ses principales menaces comprennent sans surprise la dégradation de son habitat naturel par les activités humaines. Les écologistes, qui estiment le nombre de ces rapaces à quelques milliers seulement, espèrent que cette nouvelle apparition motivera de nouveaux efforts de conservation.

Si le site d’Atewa est effectivement menacé par l’exploitation forestière illégale, les altitudes plus élevées abritent encore de vastes zones encore sauvages. Des groupes environnementaux font actuellement pression pour que la zone soit désignée comme parc national.