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Le Grand bombardement tardif : un assaut violent contre la jeune Terre

Crédits : Nasa

Le Grand bombardement tardif est une période de l’Histoire du système solaire s’étendant approximativement de 4,1 à 3,9 milliards d’années durant laquelle une augmentation des impacts s’est produite sur les planètes telluriques. Planètes échouées et astéroïdes se sont alors effondrés sur des mondes plus vastes, marquant leur surface.

Cette activité accrue provient probablement du mouvement des planètes géantes, à l’instar de Saturne et Jupiter qui envoyèrent pleuvoir leurs débris sur les mondes plus petits et rocheux. La Terre porte relativement peu de cicatrices de ces attaques. Les intempéries et la tectonique des plaques ont en effet renouvelé la surface de notre planète, mais les trois autres planètes rocheuses (Mercure, Venus et Mars), ainsi que la lune, portent à ce jour toujours les signes de ces collisions accrues.

Les modèles de formation des planètes par accrétion prévoient normalement une baisse importante du taux de bombardement des planètes quelques centaines de millions d’années après la naissance du système solaire, il y a un peu plus de 4,5 milliards d’années. En revanche, les âges des roches lunaires de grands bassins d’impacts rapportées sur Terre par les missions Apollo 15, Apollo 16 et Apollo 17, ainsi que les signatures chimiques de différentes météorites datées à environ 4 milliards d’années suggèrent qu’un grand bombardement tardif a bien affecté l’ensemble des planètes telluriques. Une hypothèse dominante suggère qu’une migration des planètes géantes (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) aurait produit diverses résonances et aurait conduit à déstabiliser les ceintures d’astéroïdes existantes à cette période. Les composants de cette ceinture auraient alors dévié de leur trajectoire, venant s’abattre sur les corps situés en interne.

Concernant l’apport en eau sur la planète, beaucoup de chercheurs suggéraient il y a peu que ce Grand bombardement aurait mené les comètes à déposer les premières molécules d’eau sur la planète. Dans le passé, ces « baroudeurs » de l’espace étaient considérés comme une importante source d’eau. Cependant, de récentes recherches sur les comètes, y compris sur la Comète Halley et la Comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, ont révélé que la plupart d’entre elles semblent avoir une concentration d’eau différente, plus lourde. Alors qu’une molécule d’eau normale est constituée de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène, l’eau lourde a un atome d’hydrogène avec un neutron supplémentaire dans son noyau : le deutérium. Si l’eau de la Terre venait des comètes, son rapport en deutérium-hydrogène devrait être plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui.

Pour les comètes, c’est compliqué. Aujourd’hui, ce sont les astéroïdes qui sont actuellement les principaux suspects de cet apport en eau sur la planète. Ces petits corps rocheux auraient pu en effet transporter de l’eau et des matières organiques à la surface pendant la rafle cosmique. « Les astéroïdes d’aujourd’hui ont très peu d’eau, c’est clair », a déclaré Kathrin Altwegg, l’une des responsables de la mission Rosetta. « Mais ce ne fut probablement pas toujours le cas. Pendant le Bombardement tardif, il y a 3,8 milliards d’années, les astéroïdes auraient pu avoir beaucoup plus d’eau qu’ils n’en renferment aujourd’hui ».

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