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Google vient-il d’atteindre la “suprématie quantique” ?

Crédits : Pixabay

Une récente étude publiée dans la prestigieuse revue Nature confirmait il y a quelques heures que Google venait d’atteindre “suprématie quantique”, ouvrant au passage une nouvelle ère de l’informatique. Mais est-ce vraiment le cas ?

L’informatique quantique est un type de calcul qui utilise les qubits pour coder des données au lieu du bit traditionnel. Il permet la superposition d’états, c’est-à-dire où les données peuvent être lues dans plus d’un état à un moment donné. L’informatique quantique peut donc élargir nos limites de calculs.

“Suprématie quantique”

Ces processeurs sont très compliqués à produire tant la physique en jeu est étrange. Mais un pas de géant vient d’être fait par Google. L’enseigne vient en effet d’annoncer avoir atteint la “suprématie quantique”. Pour faire simple, cela signifie que l’un de ses ordinateurs a pour la première fois été capable de calculer certaines opérations beaucoup plus rapidement qu’un ordinateur classique.

Sycamore, le nom du processeur quantique en question, aurait en effet réalisé avec ses 54 qubits une opération de calcul très complexe en seulement 200 secondes. Un problème qu’un ordinateur classique aurait pu résoudre en 10 000 ans environ, peut-on lire dans l’étude. Une véritable prouesse jugée par William Oliver, chercheur au MIT, aussi importante pour l’informatique que le premier vol des frères Wright pour l’aviation.

L’avion n’était pas le premier véhicule aéroporté à voler et n’a pas résolu un problème de transports urgent, a t-il expliqué. Il n’a pas non plus annoncé le début de la fin des autres modes de transport. Mais on se souvient de cet événement comme la preuve d’un nouveau régime opérationnel, le vol autopropulsé d’un avion plus lourd que l’air“.

ordinateurs quantiques
Sycamore, le processeur quantique mis au point par Google. Crédits : Nature

IBM conteste

Notons par ailleurs que les ingénieurs d’IBM ont de leur côté contesté la suprématie quantique clamée par Google. Summit, le super-ordinateur de la firme, n’aurait selon eux pas eu besoin de 10 000 ans pour réaliser le calcul proposé par Google, mais de seulement deux jours et demi. Quoi qu’il en soit, si tel est effectivement le cas, l’exploit de Google reste encore à souligner.

Il s’agit ici d’une preuve de concept, comme rappelé ci-dessus. Cela ne signifie pas que nous pourrons nous servir d’ordinateurs quantiques dès demain. Il va encore falloir patienter plusieurs années. Voire plus.

L’un des prochains défis sera de réduire les “erreurs”. Le monde quantique n’étant en effet pas stable, celles-ci sont très courantes. Et plus il y a de qubits, plus elles sont nombreuses. Si nous souhaitons un jour bénéficier d’applications pratiques de cette nouvelle technologie, il va donc falloir travailler sur des moyens de surmonter ces petites erreurs qu’ils accumulent lors des calculs.

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