in ,

Google connaît nos secrets les plus cachés

Capture Google

Le célèbre moteur de recherche est un parfait confident pour les internautes, ces derniers lui posant des questions jugées non adaptées en public. En réalité, Google en sait peut-être plus sur vous que vos proches !

Est-il possible que certaines questions que l’on pense osées, gênantes ou encore trop banales, soient plus faciles à poser à Google plutôt qu’à des membres de notre famille ou à des amis ? Seth Stephens-Davidowitz, ancien data-scientist chez Google, a fait une analyse poussée des données relatives aux questions posées par 93 % des utilisateurs du monde entier.

Il en ressort que Google (. com) est le site le plus consulté sur Internet en traitant près de 100 milliards de requêtes chaque mois. Les datas, traces que laissent les utilisateurs après leurs recherches, ont donc été exploitées par l’homme durant quatre années et il s’est principalement penché sur les termes utilisés par les internautes américains.

Il s’agit d’ailleurs d’une première, immortalisée dans l’ouvrage Everybody lies : big data, new data, and what the internet can tell us about who we really are, dont une présentation a été faite par le quotidien britannique The Guardian le 9 juillet 2017.

Évoquons tout d’abord le « biais de désirabilité sociale », qui n’est autre que la façon de se montrer sous son meilleur jour lorsqu’il s’agit de répondre à des sondages. Par exemple, quelques études menées dans les années 1950 ont démontré qu’une majorité des personnes questionnées ont affirmé faire des dons à des œuvres de charité bien que cela n’a pas été confirmé dans la réalité. Ainsi, Google serait une façon pour les internautes de se dévoiler en se croyant totalement « à l’abri ».

Particulièrement intéressantes, ces recherches ont par exemple montré qu’aux États-Unis, dans l’état du Mississippi où les autorités s’opposent au mariage gay, les recherches concernant des contenus de pornographie correspondants à cette tendance ne sont pas inférieures en nombre en comparaison avec un second état qui accepte le mariage gay (Rhode Island). Les Américains sont également très préoccupés par la taille de leur pénis, la partie du corps suscitant le plus de requêtes.

Nous le savons bien, la haine se déchaîne parfois sur le Web. Ainsi, le racisme est malheureusement devenu banal, en témoigne les associations de mots tels que « musulman » et « réfugiés » ou « terroriste ». Le terme « noir » est lié aux mots « malpoli » ou encore « nigger », une insulte envers les personnes au teint ébène. Il s’agit là de « préjugés inconscients », selon Seth Stephens-Davidowitz.

Enfin, il faut savoir que l’étude a été critiquée par Jean-Marc Van Gyseghem, directeur du Centre de Recherches Information, Droit et Société de l’Université de Namur (Belgique) pour qui la crédibilité scientifique est réduite. Celui-ci indique que les recherches ont utilisé l’adresse IP des utilisateurs :

« Celle-ci peut très bien être liée à plusieurs personnes, une famille par exemple. On ne pourra pas déterminer qui est allé sur le site dédié aux hommes ou qui est allé sur un site raciste. La méthodologie ne rencontre donc pas les critères scientifiques, d’objectivité, de qualité. » 
Pourtant, tout ne serait pas à jeter puisque les résultats « peuvent donner une orientation, des tendance, compléter d’autres études », selon le chercheur belge.

Sources : Les ÉchosLe Soir