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Gliese 486 b, une cible de choix pour le James Webb Telescope

Vue d'artiste de Gliese 486 b. Crédits : RenderArea

Gliese 486 b pourrait aider les astronomes à mieux comprendre les atmosphères des planètes rocheuses. Ce monde sera bientôt ciblé par le James Webb Telescope, dont le lancement est toujours prévu en octobre.

Gliese 486 b est une exoplanète récemment découverte par des chercheurs de l’Institut Max Planck pour l’astronomie à Heidelberg (Allemagne) grâce au spectrographe CARMENES, disponible l’observatoire de Calar Alto (Espagne). Cet instrument cherche des planètes via la méthode de la “vitesse radiale”, remarquant de légères oscillations dans le mouvement d’une étoile causées par le tiraillement gravitationnel d’un monde en orbite.

L’équipe s’est ensuite appuyée sur le satellite TESS de la NASA. Ce dernier sonde également la présence d’exoplanètes proches, mais en s’appuyant sur une autre méthode : celle du transit. Concrètement, il va remarquer les minuscules baisses de luminosité d’une étoile. Or, celles-ci sont le plus souvent entraînées par le passage d’une planète entre cette étoile et notre point de vue.

Une “pierre de Rosette” pour les enquêtes atmosphériques

Ces deux approches ont permis de dresser un premier “portrait” de cette planète. Gliese 486 b évolue autour d’une étoile naine rouge à seulement 26 années-lumière. Elle est environ 1,3 fois plus grande et 2,8 fois plus massive que la Terre. Elle complète un tour de son étoile en 1,47 jour terrestre.

En connaissant la taille et la masse de la planète, les chercheurs ont également pu estimer sa densité : environ 7 g par centimètre cube. À titre de comparaison, la densité de la Terre est de 5,5 g par centimètre cube. Autrement dit, comme le relate la revue Science, Gliese 486 b a donc probablement une composition de silicate de fer similaire à celle de notre planète.

Enfin, sa température de surface est estimée à environ 430°C. D’après les chercheurs, c’est probablement assez froid pour supporter une atmosphère et assez chaud pour que cette atmosphère puisse être étudiée de loin.

Cette combinaison “de caractéristiques physiques et orbitales de Gliese 486 b en fait ainsi la “pierre de Rosette” pour les enquêtes atmosphériques sur les exoplanètes rocheuses“, estime Trifon Trifonov, principal auteur de l’étude. Pour rappel, la pierre de Rosette est un fragment de stèle gravée de l’Égypte antique portant trois versions d’un même texte qui permit le déchiffrement des hiéroglyphes en 1799.

Une cible pour le JWT

Le meilleur candidat pour faire de telles observations n’est autre que le James Webb Telescope qui vient de clôturer ses derniers tests fonctionnels et dont le lancement est prévu à l’automne. “Peu de temps après que le JWST ne soit opérationnel, nous pourrons planifier des observations de Gliese 486 b“, note l’astronome. “En étant optimistes, nous pourrions savoir si la planète a une atmosphère ou non et, si oui, quelle est sa composition d’ici trois ans“.

exoplanète Gliese 486 b
Gliese 486 b tourne autour d’une étoile naine rouge à environ 30% aussi massive que le Soleil. Crédits : RenderArea

Notez que compte tenu de sa température de surface, Gliese 486 b n’est pas une excellente candidate pour la recherche de vie. Trifon Trifonov imagine un monde “chaud et sec, entrecoupé de volcans et de rivières de lave rougeoyantes“.

De plus, parce que son orbite est si serrée, la planète est probablement “verrouillée”, affichant toujours le même visage à son étoile, comme la Lune avec la Terre. Ainsi, l’exoplanète pourrait bien avoir un côté jour extrêmement chaud et un côté nuit beaucoup plus froid. Là encore, c’est un autre obstacle possible à la vie telle que nous la connaissons.