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Le garçon qui a inspiré « L’Exorciste » est devenu ingénieur à la NASA

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Crédits : NY Post

Aujourd’hui décédé, Ronald Edwin Hunkeler , a travaillé sur le programme Apollo, brevetant une technologie de sa propre conception ayant permis aux vaisseaux de résister à la chaleur extrême subie lors du décollage et de la rentrée atmosphérique. Toutefois, Hunkeler avait également un autre titre de gloire : il était l’inspiration secrète pour l’enfant possédé dans « L’Exorciste ».

Ronald Edwin Hunkeler (nommé plus tard Roland Doe pour protéger son identité) naît en 1935. Il grandit dans une famille de la classe moyenne à Cottage City, dans le Maryland. Dès l’âge de 14 ans, il commence à entendre des coups et des grattements provenant des murs de sa chambre. Des objets semblent voler à travers la pièce et son lit se déplace tout seul.

Au départ, la mère du jeune garçon pense que ces événements étranges sont liés à leur tante nommée Mathilda Hendricks, récemment décédée, une spiritualiste qui avait appris à Hunkeler comment utiliser une planche Ouija pour communiquer avec le monde des esprits.

Au cours des semaines qui suivent, le jeune garçon subit une série de tests médicaux et psychologiques, mais les médecins ne trouvent rien d’anormal. Sa famille se tourne alors vers un pasteur protestant qui lui recommande de voir un prêtre. Ce dernier, William Bowdern, effectuera une vingtaine d’exorcismes sur l’adolescent en trois mois devant plusieurs témoins.

Bowdern détaille dans son journal le 10 mars 1949 comment le garçon apparaît en transe alors que son matelas tremble et que des objets sont jetés par terre, dont une relique de seconde classe de Sainte Marguerite-Marie.

Edward Hughes, un prêtre catholique romain, mènera un autre exorcisme au cours duquel le garçon aurait glissé l’une de ses mains hors des attaches, cassé le sommier sous le matelas et utilisé l’une des lattes comme une arme impromptue, coupant le bras du prêtre et entraînant l’arrêt du rituel.

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Ronald Hunkeler aurait vécu dans cette maison de Cottage City, dans le Maryland, lorsqu’il était « possédé » par des démons. Crédits : Agent immobilier.com/NYPost

À Saint-Louis pour chasser le diable

On décide alors que l’adolescent doit être emmené à Saint-Louis où, par coïncidence, sa tante avait vécu pour être traitée pour possession démoniaque. Sur place, William Bowdern obtient la permission de l’archevêque de faire un autre exorcisme. Celui-ci a lieu à l’hôpital Alexian Brothers, en compagnie de Walter Halloran, de l’aile psychiatrique de l’hôpital. Guillaume Van Roo, un autre prêtre jésuite, est également appelé pour aider.

Au cours de cet événement, des mots tels que « mal » et « enfer », ainsi que d’autres marques diverses, apparaissent sur le corps de l’adolescent tandis que son matelas se met à trembler. Les spasmes sont si violents que Walter Halloran se retrouve avec le nez cassé. Ce n’est qu’après vingt ou trente représentations d’un ancien rituel d’exorcisme que « le diable » a finalement été chassé du garçon, pouvait-on lire à l’époque.

Les affirmations surnaturelles ultérieures entourant les événements ont été utilisées comme éléments dans le roman « L’Exorciste » de 1971 de William Peter Blatty, vendu à plus de treize millions d’exemplaires rien qu’aux États-Unis. Le film lui valut également un Oscar et un Golden Globe en 1974.

En décembre 2021, le Skeptical Inquirer et le Guardian rapportèrent que la véritable identité de Roland Doe était Ronald Edwin Hunkeler.

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Crédits : Universal

Un enfant perturbé devenu ingénieur

Dans son livre de 1993, Thomas B. Allen rapporta que le consensus des experts d’aujourd’hui était que Roland Doe, allias Ronald Edwin Hunkeler, n’était qu’un garçon profondément perturbé qui faisait des crises de colère délibérées pour attirer l’attention ou pour éviter d’aller à l’école. D’après Joe Nickell, un sceptique, rien de ce qui a été rapporté de manière fiable dans l’affaire n’était au-delà des capacités d’un adolescent. Les crises de colère, les « transes », les meubles déplacés, les objets lancés et autres égratignures superficielles étaient selon lui le genre de choses que quelqu’un de l’âge de ce garçon pouvait accomplir seul.

Ronald Edwin Hunkeler réussit finalement à échapper à l’infamie grâce au pseudonyme utilisé à l’époque.

Il mena une vie réussie en tant qu’ingénieur de la NASA, avant de mourir d’un accident vasculaire cérébral en 2020 un moins avant son 86e anniversaire. Au cours de sa carrière, il breveta notamment une technologie permettant de rendre les panneaux de la navette spatiale résistants à la chaleur extrême, ce qui permit d’aider par la suite les missions Apollo des années 1960.