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G7 de Carbis Bay : la solidarité vaccinale a l’ordre du jour du sommet

Vaccination d'un habitant du district de Pema Gatshel. Crédits : Ministère de la Santé du Bhoutan

Alors que les pays du G7 viennent d’annoncer qu’ils souhaitent offrir un milliard de doses de vaccin aux pays pauvres, un vaste élan de solidarité international voit le jour. De fait, pour la plupart des observateurs, seule une vaccination mondiale permettra de réellement tourner la page de la pandémie, et la coopération de tous les pays sera absolument nécessaire. 

Avec plus de 2 milliards de doses de vaccins administrées dans le monde, la pandémie de Covid-19 apparaît enfin en voie d’être maîtrisée, du moins dans les pays riches. Alors que s’ouvre le sommet du G7 à Carbis Bay au Royaume-Uni, consacré à la résolution de la crise sanitaire mondiale et au monde d’après la pandémie, la question de l’inégalité d’accès aux vaccins devrait occuper une place centrale dans les discussions des chefs d’Etats réunis du 11 au 13 juin dans le Sud-Ouest de l’Angleterre. Une question d’autant plus cruciale que l’émergence de variants peut survenir dans les pays les moins protégés, et représente une menace pour toute résolution durable de la crise sanitaire.

La Chine, premier exportateur de vaccins au monde

Si la solution multilatérale mise au point par l’Alliance du vaccin, l’OMS et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, le mécanisme Covax, a permis de livrer plus de 80 millions de doses dans 129 pays et territoires, d’autres Etats font le choix de prendre directement des initiatives.

La Chine, qui est devenue le premier producteur mondial de vaccins en passant devant l’Inde, a très tôt profité de la quasi-disparition de la pandémie dans le pays pour rediriger sa production vers l’étranger. Pékin a ainsi déjà fourni 231 millions de doses des trois vaccins qu’elle produit (Sinovac, Sinopharm et Cansino). Le pays prévoit d’en exporter jusqu’à 700 millions dans le reste du monde et notamment en Afrique et dans les 27 pays qui ont autorisé le vaccin de Sinopharm. Si la part des dons est minoritaire dans les livraisons chinoises, celle-ci est cependant significative vers l’Asie et l’Afrique, selon le média spécialisé Asialyst.

Un besoin de production locale

Alors qu’Emmanuel Macron a appelé, depuis l’Afrique du Sud, à un effort mondial en faveur de la vaccination de l’Afrique, l’enjeu reste de fournir des doses localement. C’est le sens de l’initiative des Emirats Arabes Unis, qui ont mis en place un site de production du vaccin sur leur sol, à destination d’autres pays, en partenariat avec Sinopharm. L’objectif est de produire 200 millions de doses par an d’une version locale du vaccin du laboratoire chinois. Une production qui sera destinée essentiellement aux pays les plus défavorisés, notamment en Afrique.

vaccin piqûre
Crédits : dfuhlert / Pixabay

D’autres pays ont également mis sur pied sur leur sol des unités de production de vaccins. Outre la Belgique, la France et la Suisse, qui accueillent désormais des sites de fabrication et de conditionnement du vaccin Pfizer, l’Espagne a pour sa part conclu un partenariat avec Moderna pour produire le vaccin de Moderna Therapeutics sur le site de Rovi à Madrid. Hors de l’Union européenne, le Kazakhstan, et la Serbie ont quant à eux lancé la production du vaccin Sputnik V.

L’enjeu de l’accroissement de la production de vaccins avait notamment incité le président des Etats-Unis Joe Biden à se prononcer pour une levée des brevets sur les vaccins en mai dernier, suivi par plusieurs chefs d’Etat occidentaux à l’instar d’Emmanuel Macron. Au cours du précédent G7 en février dernier, les grandes puissances mondiales s’étaient par ailleurs accordées sur le financement de campagnes de vaccination en Afrique pour combattre l’inégalité vaccinale. La fin des exportations de vaccins depuis l’Inde, la « pharmacie de la planète », en raison de la flambée de l’épidémie sur son propre sol a toutefois entraîné un risque de pénurie. L’amélioration de la situation sanitaire dans le pays pourrait éventuellement se traduire par un futur retour du géant indien dans le circuit de production mondiale.