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Un « fusil à pompe spatial » pour détruire les astéroïdes surprises ?

Illustration d'un astéroïde en approche de la Terre. Crédits : urikyo33/Pixabay

La Terre n’est pas à l’abri d’astéroïdes capricieux qui pourraient apparaître du jour au lendemain sur les radars et menacer la Terre à très court terme. La NASA étudie donc actuellement une proposition de système de défense capable de briser ce type de roche « surprise » quelques jours, voire quelques heures avant une éventuelle frappe terrestre.

La menace venue du ciel

Si les dinosaures n’avaient aucun moyen d’anticiper l’impact de l’astéroïde responsable de leur extinction, nous avons quant à nous plusieurs outils à disposition nous permettant de scanner le ciel à la recherche de menaces avec les mêmes aspirations. Le programme d’observation d’objets proches de la Terre (NEOO) de la NASA a par exemple identifié près de 28 000 astéroïdes géocroiseurs. La plupart ne représentent aucun danger, mais il reste nécessaire de garder un œil dessus.

Toutefois, les repérer n’est que la moitié de l’histoire. Nous avons en effet besoin d’outils pour nous défendre, au cas où. Or, la NASA y travaille déjà. Actuellement en route vers l’astéroïde Didymos B, la mission DART doit s’écraser sur ce dernier en octobre prochain dans le but de modifier son orbite. Si Didymos ne représente aucune menace pour la Terre, il s’agit d’un essai utile permettant de valider ou non la fameuse technique de l’impacteur.

Le problème avec cette méthode est qu’elle repose sur un long délai d’exécution. Nous aurions en effet besoin de connaître cette menace des mois, voire des années à l’avance pour préparer au mieux la mission. Compte tenu de la fréquence à laquelle les astéroïdes sont découverts quelques semaines, jours ou heures seulement avant qu’ils ne passent devant la Terre, il nous faut penser d’autres moyens pour composer avec les visites surprises.

Une nouvelle méthode de défense connue sous le nom de « Pi – Terminal Defense for Humanity » pourrait aider. Proposé par Philip Lubin, de l’Université de Californie à Santa Barbara, ce projet vient d’être sélectionné pour la première phase du programme NIAC (Innovative Advanced Concepts) de la NASA.

astéroïdes
Crédits : NASA

Un système de défense sur la Lune ?

Plutôt que de dévier un objet potentiellement dangereux, l’idée serait ici de le détruire. La méthode consisterait à tirer un ensemble de « tiges » perforantes sur l’astéroïde, chacune portant des explosifs chimiques ou des armes nucléaires. Plantées dans la roche, elles la ferait alors se briser en morceaux beaucoup plus petits qui finiraient par brûler dans l’atmosphère. Selon la taille de la roche, ces tiges pénétrantes peuvent être livrées en rangées de 10 x 10, chacune avec une masse de 100 kg ou en rangées de 50 x 50 avec 40 kg chacune.

Pour atteindre rapidement la cible, le chercheur propose que son système soit installé directement sur la Lune. Notre satellite ferait en effet un avant-poste idéal grâce à l’absence d’atmosphère et au bénéfice d’une gravité beaucoup plus faible. Ce système de défense pourrait alors être couplé à des systèmes de détection optique ou proche infrarouge à longue portée et tirer en quelques minutes si une menace était identifiée.

Selon les calculs de Philip Lubin, un astéroïde de cinquante mètres de diamètre pourrait être intercepté avec seulement cinq heures avant l’impact sur la Terre, tandis qu’une roche deux fois plus grosse pourrait être interceptée en une journée. Nous aurions en revanche besoin d’un peu plus de temps pour les objets plus imposants. Un astéroïde de un kilomètre de large pourrait tout de même être intercepté avec un préavis de soixante jours, évitant ainsi une dévastation à l’échelle continentale.

En attendant, le système Pi ne reste qu’une idée sur la table. Reste à voir si la NASA s’intéressera ou non à ce projet.