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Un étage de fusée Falcon 9 doit bientôt se crasher sur la Lune

Le 19 août dernier, SpaceX a placé 58 nouveaux satellites Starlink en orbite. Crédits : SpaceX

Il y a sept ans, SpaceX lançait sa première mission interplanétaire pour livrer un grand observatoire du climat à plus d’un million de kilomètres de la Terre. Le second étage de la fusée Falcon 9 utilisée lors de cette mission doit bientôt croiser l’orbite de la Lune. Selon un chercheur, un impact pourrait avoir lieu en mars.

Après plusieurs reports, le Deep Space Climate Observatory (DSCOVR) était finalement lancé le 11 février 2015 par une fusée Falcon 9 depuis la Floride. Son objectif était de placer le satellite sur une trajectoire le menant vers le point de Lagrange L1 du système Soleil-Terre, à plus d’un million et demi de kilomètres. Le 8 juin, soit plus de 120 jours après son lancement, il fut placé avec succès en orbite.

Cela dit, lors des missions interplanétaires, l’étage supérieur d’une fusée est typiquement envoyé sur une orbite héliocentrique, la gardant éloignée de la Terre et de sa Lune. Ici, après avoir terminé sa longue combustion, le deuxième étage de la fusée Falcon 9 n’avait cette fois plus assez de carburant pour être redirigé vers dans l’atmosphère terrestre avant de brûler. Il manquait également d’énergie pour échapper à la gravité du système Terre-Lune. Ainsi, depuis environ sept ans, la structure évolue sur une orbite quelque peu chaotique. Toutefois, son voyage devrait bientôt prendre fin.

Un impact en mars

Selon Bill Gray, spécialiste des objets géocroiseurs, l’orbite de cet étage serait sur le point de croiser celle de notre satellite. Un tel impact pourrait survenir le 4 mars prochain, probablement sur la face cachée de la Lune au niveau de l’équateur. La masse sèche du deuxième étage du Falcon 9 est d’environ quatre tonnes métriques. D’après le spécialiste, il devrait impacter la Lune à une vitesse d’environ 2,58 km/s.

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Le passage de la Lune entre la Terre et l’observatoire DSCOVR filmé le 16 juillet 2015.
Crédits : NASA/EPIC

Certaines incertitudes demeurent. Il est en effet difficile de prédire avec précision les effets de la lumière solaire sur l’orbite de cet étage. Ces effets imprévisibles sont très faibles, mais ils s’accumuleront d’ici le 4 mars. Ainsi, d’autres observations seront nécessaires pour affiner l’heure et le lieu précis de l’impact.

Ces données seront importantes. En effet, elles permettront aux satellites actuellement en orbite autour de la Lune, notamment le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA, de collecter des données précieuses sur le cratère d’impact. Ce ne serait pas une première. En 2009, la NASA avait en effet délibérément envoyé l’étage supérieur Centaur d’une fusée Atlas V se crasher sur la Lune dans le cadre de la mission LCROSS, qui visait d’ailleurs à placer la sonde LRO en orbite lunaire.