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Fumer un joint de cannabis pour s’endormir ne serait pas une très bonne idée

Crédits : Flickr / Chuck Grimmett

Une étude récente menée sur plus d’une décennie a livré une conclusion inédite. En effet, elle a établi un lien entre la consommation de cannabis et les troubles du sommeil. Fumer du cannabis occasionnerait davantage de difficultés à s’endormir, à rester endormi et ferait par ailleurs dormir trop les fumeurs.

Et si le cannabis impactait la qualité du sommeil ?

Fumer du cannabis le soir pour mieux dormir est une habitude qui concerne de nombreuses personnes aux quatre coins du globe. Selon les adeptes, cette plante aiderait à la relaxation et permettrait de bien dormir. Néanmoins, une étude publiée le 6 décembre 2021 dans les BMJ Journals affirme que ce ne serait qu’une idée reçue. À l’origine de l’étude en question, nous retrouvons l’Université de Toronto (Canada), en collaboration avec différents organismes de santé aux États-Unis.

Les chercheurs ont tenté de comprendre la possible relation entre la consommation de cannabis sur l’instant et la durée de sommeil en intégrant pas moins de 21 729 volontaires entre 2005 et 2018. Ils ont pris en compte de très nombreux facteurs tels que l’origine ethnique, le niveau d’étude, l’âge, le nombre d’heures travaillées par semaine ainsi que d’autres critères relatifs la santé. Évidemment, les chercheurs ont également intégré des informations sur la qualité du sommeil et la consommation de cannabis.

L’étude a placé les participants dans trois catégories en fonction de la durée de leur nuit de sommeil. La première catégorie concernait les courtes nuits (moins de six heures), la seconde les nuits « optimales » et la dernière les longues nuits (neuf heures ou plus).

trouble du sommeil
Crédits : paolo81 / iStock

Les fumeurs en proie à des troubles du sommeil

Les scientifiques ont posé des questions aux volontaires en ce qui concerne leurs éventuelles difficultés à trouver le sommeil ou à rester dans un état de sommeil. Il était également question d’en savoir davantage sur les durées de sommeil trop longues. Ensuite, les participants ont été à nouveau divisés en deux groupes : les fumeurs de cannabis ayant consommé au cours du mois dernier et les autres. Les 3 132 fumeurs de l’échantillon comprenaient des fumeurs modérés (moins de vingt joints par mois) et les fumeurs intensifs (plus de vingt joints par mois).

Selon les résultats, 34 % des consommateurs de cannabis modérés et intensifs ont déclaré dormir moins de six heures par nuit et 56 % plus de neuf heures. D’une manière générale, ils ont affirmé avoir davantage de problèmes pour s’endormir ou pour rester endormis. D’autres ont également confirmé dormir trop longtemps.

Selon les chercheurs, les gros consommateurs de cannabis s’exposent davantage aux deux extrêmes de la durée de sommeil. Les résultats de l’étude seraient en lien avec une conséquence inconnue d’une exposition répétée au cannabis. Il peut également s’agir du reflet de facteurs sociodémographiques ou de santé sous-jacents. Les scientifiques estiment qu’il est possible que dans la mesure où le corps s’habitue au cannabis, il s’expose davantage aux troubles du sommeil.