in

France : progression inquiétante du moustique tigre

Crédits : Capture vidéo

Le moustique Tigre (Aedes Aegypti) est au cœur des préoccupations des autorités sanitaires françaises, car vecteur des maladies du chikungunya et de la dengue, qui peuvent être graves voire mortelles. Observé pour la première fois en 2004 à Nice, ce moustique gagne du terrain chaque année en France, de plus en plus loin du littoral. Les bulletins météo vigilance-moustiques des 28 avril et 1er mai 2014 ont montré une évolution rapide en quelques jours, plaçant 18 départements français en alerte « moustiques implantés et actifs » (alerte rouge).

L’alerte en France

« Veille sanitaire », « surveillance entomologique » (alerte jaune), « interception ponctuelle de moustique » (alerte orange), « moustiques implantés et actifs » (alerte rouge), et « cas autochtones de dengue et de chikungunya » en rouge foncé représentent les différents niveaux d’alerte quant à la présence et l’activité du moustique tigre.

Deux bulletins météo vigilance-moustiques à trois jours d’intervalles montrent une progression fulgurante plaçant 34 départements français en alerte, dont 18 en « moustiques implantés et actifs ». Les régions les plus touchées sont PACA, le Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes, ainsi que le sud-ouest aux environs de Bordeaux où les moustiques constituent « une menace pour la santé de la population ». La Direction générale de la santé a lancé pour la 6e année de suite son « plan national anti-dissémination de la dengue et du chikungunya ». Il prévoit notamment des dispositifs de surveillance des départements les plus touchés, principalement en alerte rouge, incluant la sensibilisation des professionnels de santé, la déclaration et l’analyse accélérée de cas suspects de dengue ou de chikungunya, la désinsectisation localisée autour des cas avérés, ainsi que la communication vers les populations concernées.

La saison des moustiques a commencé assez tôt cette année, en mars, en raison d’un hiver doux et d’une pluviométrie plutôt généreuse. À savoir qu’en moins d’un mois, le nombre de départements sous surveillance entomologique (alerte jaune) est passé d’une vingtaine à 41, démontrant la rapidité avec laquelle le moustique tigre se propage.

Une circonstance aggravante

Le dernier niveau d’alerte (cas autochtones de dengue et de chikungunya) est celui en vigueur actuellement dans l’intégralité des départements d’outre-mer, dans les caraïbes (Martinique – Guadeloupe – Guyane) mais également dans l’océan Indien (Réunion – Mayotte).

Les autorités sanitaires françaises craignent un niveau d’alerte maximale en métropole suite à l’organisation au Brésil de la prochaine coupe du monde de football due à la fréquentation de cet événement sportif par des ressortissants français. En effet, une vaste épidémie de dengue et de chikungunya se propage dans les Caraïbes, progressant vers l’Amérique du Sud, touchant la Guyane mais surtout le Brésil. Ce dernier s’apprête à relâcher dans la nature des millions de moustiques transgéniques mâles, ayant la capacité de féconder les femelles de manière à ce que les œufs ne parviennent jamais à la taille adulte, technique expérimentée auparavant dans la ville de Bahia, ou les résultats obtenus furent de 90% de taux de diminution de la population du moustique tigre.

Une brochure de prévention est disponible ici, relatant les gestes simples de vigilance à adopter.

Voici une vidéo ci-dessous répondant à la question : En 2030, la France sera-t-elle envahie par le moustique tigre ?

Source : Sciences et AvenirVigilance-moustiques