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France : l’abattage des renards remis en question dans plusieurs départements

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Un tribunal administratif a examiné les motifs des préfets pour autoriser les chasses massives de renards. Or, un arrêté a déjà été suspendu et une annulation pourrait suivre. Selon les préfets, li y a une surpopulation de renards engendrant une baisse de la population de perdrix.

Une demande d’annulation à l’étude

Comme l’explique France 3 régions dans un article du 5 septembre 2020, le rapporteur public du tribunal administratif de Rouen a demandé l’annulation de l’arrêté autorisant l’abattage de renards dans l’Eure. Selon le rapporteur public, l’arrêté du préfet ne démontre pas la nécessité d’autoriser la destruction supplémentaire de renards. Rappelons que cet arrêté datait de février 2019 et avait été suspendu. Celui-ci autorisait l’élimination de renards de nuit sans mentionner de limite en termes de quantité.

La raison ? Une surpopulation de renards entraîne une diminution de la population de perdrix. Or, cette décision fut rapidement contestée par les associations de défense de la faune sauvage. Rappelons au passage qu’en juillet 2020, un autre arrêté pris en Seine-maritime évoquait la même raison.

Le rapporteur public a également évoqué une étude mise en avant par la préfecture elle-même. Celle-ci indiquait qu’il n’y avait aucune corrélation flagrante entre l’abondance en renards et le taux de prédation de la perdrix. Par ailleurs, au niveau des dommages concernant les volailles, rien ne semble justifier l’arrêté. Les dégâts observés ne nécessitent pas la destruction d’une quantité plus importante de renards par rapport à ce que prévoit le plan de chasse déjà en vigueur.

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Le renards semblent obtenir gain de cause dans l’Eure ainsi qu’en Seine-Maritime
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Un autre arrêté suspendu

Le tribunal administratif de Rouen a également traité deux recours concernant l’arrêté pris en Seine-maritime. Ce dernier prévoyait l’abattage de 1430 renards d’ici la fin de l’année 2020 par les lieutenants de louveterie. L’arrêté en question a été suspendu suite à la demande de plusieurs associations dont la Ligue de protection des oiseaux (LPO) ayant introduit une enquête au mois d’août. Pour l’association, l’arrêté ne donnait aucun motif susceptible de justifier l’organisation de battues administratives.

Le préfet annonçait une augmentation de la population de renards en 2019 ainsi qu’au premier trimestre 2020 en Seine-Maritime. Toutefois, les opposants ont évoqué une étude de la société NaturAgora Développement, là encore commandée par la préfecture. Or, celle-ci attestait d’une stabilisation de la densité moyenne de renards entre 2016 et 2018. Cette densité moyenne a effectivement augmenté, passant de 0,59 à 0,67 par km² mais reste néanmoins inférieure à la moyenne nationale.