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La France va augmenter ses dépenses spatiales

Crédits : Twitter/gouvernementFR

La France augmentera ses dépenses pour les programmes spatiaux nationaux et européens d’un quart. Cette annonce intervient alors que l’Europe a pris énormément de retard sur la concurrence au cours de ces dernières années. 

Dans un discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture du Congrès international d’astronautique le 18 septembre, la Première ministre française Élisabeth Borne a annoncé que son gouvernement prévoyait d’allouer plus de neuf milliards d’euros aux activités spatiales au cours des trois prochaines années. Il s’agit d’une augmentation significative d’environ 25 % par rapport au budget précédent.

Ce financement comprendra une augmentation « massive » (non précisée) du budget du CNES. Pour rappel, il s’agit de l’agence spatiale française. En 2022, le budget du CNES s’élevait à 2,335 milliards d’euros. Une partie de ce budget sera également redistribué à l’Agence spatiale européenne (ESA). Cette augmentation globale est conforme aux plans de l’ESA qui demandera plus de dix-huit milliards d’euros à ses États membres dès novembre prochain pour financer des programmes existants et autres nouvelles initiatives pour les trois prochaines années. Lors de la dernière réunion ministérielle en novembre 2019, l’ESA avait empoché 14,5 milliards d’euros.

« C’est une très bonne nouvelle« , a déclaré Philippe Baptiste, le président du CNES. « Nous devons maintenant décider quelle fraction de ces neuf milliards sera dédiée à l’ESA et quelle partie sera dédiée au CNES et à d’autres types de programmes. »

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Un décollage d’Ariane 5 du centre spatial guyanais de Kourou. crédits : CNES/ESA/ARIANESPACE/OPTIQUE VIDÉO CSG, 201

Suivre le rythme

Dans son allocution, Mme Borne a également mis l’accent sur l’investissement dans les lanceurs. « Nous ne pouvons pas être dépendants d’autres partenaires pour lancer nos satellites« , a-t-elle déclaré, soulignant à la fois l’importance d’Ariane 6 et des petits lanceurs émergents développés commercialement.

Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, a également défendu cette idée. L’Europe, qui demeure un grand acteur du spatial, doit d’après lui se donner les moyens de suivre le rythme des autres grands acteurs spatiaux.

Il y a quelques mois, l’Union européenne visait déjà une stratégie spatiale plus agressive, soulignant la nécessité d’un accès autonome à l’espace pour l’Europe au cours de la prochaine décennie dans le but de rivaliser avec la montée puissance toujours plus marquée de nouveaux concurrents américains (SpaceX) et chinois. La guerre en Ukraine a également obligé l’Europe a coupé les ponts avec la Russie, retardant de fait le décollage de plusieurs missions clés.

L’année dernière, un document signé par les ministres des États membres de l’Agence spatiale européenne (ESA) avait également souligné la volonté de développer un système de lancement permettant d’envoyer ses astronautes européens dans l’espace. Depuis toujours, ces derniers dépendent en effet des Américains et des Russes pour quitter la Terre.