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Des fragments de sang de dinosaure dans un fossile vieux de 75 millions d’années

Crédits : ractapopulous / Pixabay

Au fond d’un tiroir d’un musée londonien, une griffe de dinosaure non-identifié déterrée il y a 100 ans et vieille de 75 millions d’années a réservé une surprise aux paléontologues, la découverte de fragments de sang de dinosaure. Les premiers résultats avaient été publiés il y a un an.

C’est en Alberta, au Canada, qu’a été déterrée cette griffe d’un dinosaure non-identifié il y a une centaine d’années. Sans indices pour déterminer à quel squelette la rattacher, celle-ci ne représentait aucune valeur apparente pour les paléontologues d’un musée londonien où elle se trouvait, et elle a donc terminé sa course au fond d’un tiroir.

Finalement, cette griffe a été confiée au laboratoire de l’Imperial College London, en Angleterre, afin qu’elle serve d’échantillon test pour deux chercheurs, Susannah Maidment et Sergio Bertazzo, qui ne s’attendaient pas à la découverte qu’allait leur réserver la griffe de dinosaure. En effet, celle-ci a révélé d’étranges formes sous les lentilles de leurs microscopes, il s’agissait de globules rouges de dinosaure. La découverte spectaculaire de l’équipe britannique est formée de fragments de cellules sanguines, de protéines cellulaires ainsi que de fibres de collagène, les structures de soutien liant les cellules du corps entre elles.

Si depuis 2005, plusieurs fossiles de dinosaures ont révélé des traces de vaisseaux sanguins et de protéines cellulaires appartenant à des dinosaures, ces découvertes ont toujours été réalisées dans des fossiles incroyablement bien préservés. Ici, et c’est ce qui rend cette découverte exceptionnelle, le fossile était très mal conservé, ce qui n’a pas empêché les paléontologues de trouver de précieux fragments sanguins, laissant suggérer que ce type de préservation n’est peut-être pas aussi rare.

« C’est un fragment de piètre qualité. Le musée l’avait depuis 100 ans et nous voulions seulement l’utiliser pour voir ce qu’il était possible d’observer à l’aide de microscopes puissants. Vous pouvez imaginer notre surprise quand nous avons fait cette découverte » déclare Susannah Maidment, pour qui il n’est encore que trop tôt pour comprendre la conservation de ces protéines pendant une si longue période. « Quand on observe du sang frais sur une lame de microscope, les cellules qui s’y trouvent éclatent une fois séchées. Le seul moyen de les préserver est de les fixer dans du formol. Peut-être que dans certaines conditions, les os fossilisés se trouvent dans un environnement géologique avec des propriétés semblables au formol, qui empêcheraient la dégradation des protéines, mais personne n’a de réponse pour l’instant » explique-t-elle.

Source : iciradiocanada