in

Découverte : un fossile vieux d’un milliard d’années isolé en Écosse

Crédits : Current biology

Un fossile vieux d’un milliard d’années découvert dans les Highlands, en Écosse, pourrait se présenter comme un “pont” entre les organismes unicellulaires et multicellulaires. Cette découverte suggère également que les premières formes de vie terrestre se sont développées dans l’eau douce.

C’est une découverte qu’on ne fait pas tous les jours. Les sédiments de la séquence torridonienne des Highlands du nord-ouest de l’Écosse abritent un large éventail de microfossiles, certains documentant la vie dans un environnement non marin il y a plusieurs centaines de millions d’années.

Récemment, une équipe de l’Université de Sheffield (Royaume-Uni) et du Boston College (États-Unis) a isolé un nouveau fossile plus ancien encore au Loch Torridon. Les scientifiques ont pu étudier ces restes en raison de leur conservation exceptionnelle, permettant de les analyser au niveau cellulaire et subcellulaire.

Cet organisme, formé il y a environ un milliard d’années, vient d’être nommé Bicellum Brasieri. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Current Biology.

Un pont dans l’évolution du vivant

La forme mature de cet organisme, nommé Bicellum Brasieri, se présente en une masse sphéroïdale de cellules mutuellement exprimées entourées d’une couche périphérique de cellules allongées en forme de saucisse. La masse cellulaire intérieure forme un stéréoblaste de cellules à peu près isodiamétriques d’un diamètre moyen d’environ 2,5 μm.

Cependant, deux populations de cellules blastiques nues semblent présenter un allongement naissant, suggérant qu’elles pouvaient migrer vers la périphérie de la masse cellulaire. Ces mouvements morphogénétiques simples pourraient être expliqués par une adhésion différentielle cellule-cellule.

De manière beaucoup plus simple, cet organisme pourrait donc se situer quelque part entre une forme de vie unicellulaire et une forme de vie multicellulaires. Pour les chercheurs, il semble raisonnable de supposer que B. Brasieri appartient à l’une des lignées menant à l’un des six clades développant aujourd’hui une multicellularité complexe : animaux, plantes, algues floridéophytes, algues brunes, champignons ascomycètes et champignons basidiomycètes.

«Nous avons trouvé un organisme sphérique primitif composé d’un arrangement de deux types de cellules distincts, le premier pas vers une structure multicellulaire complexe. C’est quelque chose qui n’a jamais été décrit auparavant dans les archives fossiles», souligne Charles Wellman, principal auteur de ces travaux.

«Les origines de la multicellularité complexe et l’origine des animaux sont considérées comme deux des événements les plus importants de l’histoire de la vie sur Terre», a-t-il ajouté. «Ici, notre découverte jette un éclairage nouveau sur ces deux éléments».

fossile
Certaines cellules allongées apparaissent à la périphérie de la masse cellulaire. Pourtant, une couche épidermique clairement distincte n’est pas encore établie. Notez qu’il n’y a pas de distinction apparente entre les parois cellulaires de l’un ou l’autre type de cellule. Crédits : Current Biology

Cette nouvelle découverte suggère également que cette évolution s’est produite dans l’eau douce, plutôt que dans l’océan. L’équipe ambitionne de poursuivre les recherches dans ces mêmes dépôts. La découverte de nouveaux fossiles plus intéressants pourrait fournir plus informations sur l’évolution des organismes multicellulaires.