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Un fossile d’amphibien géant du Trias découvert au Brésil

amphibien Kwatisuchus rosai
Vue d'artiste de Kwatisuchus rosai. Crédits : Márcio Castro.

Des scientifiques issus d’institutions prestigieuses ont récemment dévoilé une découverte paléontologique captivante. Au cœur du Trias, il y a environ 249 millions d’années, vivait Kwatisuchus rosai, une espèce d’amphibien temnospondyle nouvelle pour la science. Voici ce que l’on sait de cet animal.

Un amphibien géant au Brésil

Cet ancien habitant de la Terre mesurait environ 1,5 m de long et appartenait à la famille des Benthosuchidae. Il s’agit d’un petit groupe d’amphibiens géants ressemblant à des crocodiles. Ces créatures principalement aquatiques, qui n’ont aucun parent survivant direct, évoluaient dans des rivières et des lacs. La découverte de cette espèce au Brésil élargit ainsi la distribution géographique de ce clade auparavant limitée à la plateforme est-européenne.

La découverte a été faite dans la Formation de Sanga do Cabral, une couche rocheuse sédimentaire située dans la région du Rio Grande do Sul. Le crâne fossilisé a été trouvé en août 2022 et offre aux scientifiques un aperçu rare des tétrapodes primitifs dans leur environnement d’origine.

Les analyses du crâne ont notamment révélé des similitudes avec des taxons trouvés en Russie à la même époque. Ce constat soulève donc des questions sur la possibilité d’une connexion biogéographique entre ces régions malgré la distance géographique importante qui les séparait au sein de la Pangée. Les chercheurs invitent ainsi à de futures investigations pour comprendre pleinement la nature et les mécanismes de cette connexion potentielle.

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Le crâne de Kwatisuchus rosai . Crédits : Felipe Pinheiro.

Une espèce rescapée

Ce qui rend Kwatisuchus rosai particulièrement fascinant, c’est sa survie après la plus grande extinction de masse de l’histoire de la Terre (celle du Permien-Trias) il y a environ 252 millions d’années. Pour rappel, cet événement avait en effet entraîné la disparition de plus de 96 % des espèces marines et de 70 % des espèces terrestres.

Les facteurs exacts qui ont conduit à cette extinction de masse restent un sujet de recherche intense, mais ils incluent probablement des éruptions volcaniques massives, des changements climatiques drastiques et d’autres perturbations environnementales majeures.

Évoluant dans un environnement dévasté, cet amphibien aurait alors prospéré en s’adaptant à des conditions de stress environnemental élevé. La survie de Kwatisuchus rosai après cet événement crucial en fait donc un exemple remarquable de résilience biologique au cours d’une période tumultueuse de l’histoire de la Terre.

De manière générale, nous savons que les temnospondyles, dont les Benthosuchidae sont une famille particulière, ont joué un rôle crucial dans la biodiversité mondiale après des événements cataclysmiques. Ils offrent donc un éclairage unique sur la manière dont la vie a persisté à travers les âges.

Les détails de l’étude sont publiés dans The Anatomical Record.