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Des forteresses et fortifications vieilles de 4 000 ans découvertes en Syrie

Crédits : CNRS / Marie-Odile Rousset

Grâce à l’analyse d’images aériennes et satellitaires, c’est tout un réseau militaire vieux de 4 000 ans et composé de forteresses, fortifications, tours et fortins qui a été découvert en Syrie par une équipe de chercheurs syriens et français. 

En Syrie, la découverte de plus d’un millier de sites historiques a renouvelé notre connaissance du peuplement des steppes pour toutes les périodes de l’histoire du Proche-Orient. Récemment, l’analyse d’images aériennes et satellitaires a permis la découverte d’un très vaste réseau structuré de surveillance et de communication datant de l’âge du Bronze moyen (2e millénaire av. J.-C.). « C’est la première fois qu’un système fortifié d’une telle ampleur est mis en évidence. Cette structure longe le relief qui domine la steppe de Syrie centrale et protégeait les agglomérations et les terres les plus attractives à l’âge du Bronze moyen », déclare Marie-Odile Rousset, chercheuse au CNRS et co-auteure de cette découverte.

La région étudiée par cette équipe franco-syrienne se situe à l’est de Hama et s’étend sur environ 7 000 km2. « D’après le travail des chercheurs, ces forteresses étaient composées de gros blocs de basalte non taillés et constituées de murs de plusieurs mètres de largeur et de hauteur. De plus, chaque site fortifié était implanté pour permettre un contact visuel avec d’autres » peut-on lire sur le communiqué du CNRS. Cette organisation en contact visuel direct facilitait la communication par signaux lumineux ou par fumée.

« De cette époque, on connaît surtout des fortifications urbaines, mais là il s’agit de fortifier tout un territoire pour protéger les axes de circulation et les terres », explique Marie-Odile Rousset. « Ces fouilles « virtuelles » complètent celles conduites sur le terrain » de 1995 à 2002 puis en 2010, donc avant la guerre, avec la datation précise de céramiques notamment. Cette zone a été réoccupée en période de crise, c’était le cas très récemment avec les populations qui fuyaient Hama et Homs.