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Le formidable pouvoir de transmission des éléphants du désert

Crédits : tpsdave / Pixabay

Une récente étude menée sur les éléphants du désert namibien suggère que ces animaux remarquables transmettent leurs connaissances de survie et leurs compétences uniques aux générations futures pour les aider à s’adapter aux conditions environnementales extrêmes.

L’éléphant est un animal migrateur constamment en mouvement, à la recherche d’eau et de nourriture, notamment dans le désert namibien qui est particulièrement aride. En 2014, des chercheurs avaient constaté que, parfois, les éléphants changeaient brusquement de direction sans raison apparente, pendant la saison sèche. Ils avaient alors découvert que les éléphants étaient capables de détecter les chutes de pluie à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Brillant.

Ces mêmes éléphants du désert namibiens ont aussi très vite compris comment éviter la surchauffe dans cet environnement où la température affole parfois les compteurs, en s’aspergeant le corps de sable mouillé, soit par leur propre urine, soit avec de l’eau régurgitée. Ils se souviennent également de l’emplacement des ressources en eau et de nourriture et jouent un rôle crucial dans cet écosystème aride en créant des chemins qui serviront à d’autres.

Publiée dans la revue Ecology and Evolution, cette étude évalue l’ADN nucléaire et l’ADN mitochondrial (ADNmt) de deux populations d’éléphants de Namibie; l’une vivant dans le désert et l’autre non. Les chercheurs ont alors découvert que leur ADN n’était pas significativement différent. Un manque de différenciation génétique compatible avec les preuves historiques des mouvements de ces mêmes éléphants pendant la guerre d’indépendance de la Namibie, qui a augmenté la pression de la chasse.

“Nos résultats et les données historiques suggèrent que l’incroyable capacité d’apprentissage et les migrations longues distances des éléphants leurs ont permis de se déplacer pour survivre à la grande variabilité du climat et la pression de la chasse”, a déclaré le premier auteur Yasuko Ishida, chercheur en sciences animales dans l’Illinois.

L’absence de différenciation génétique pourrait également s’expliquer par le flux génétique fourni par les éléphants mâles qui se reproduisent avec les femelles de différents groupes d’éléphants. “Peu importe”, rétorque Alfred Roca, principal auteur de l’étude, “ces éléphants doivent être protégés. Leurs connaissances et leur façon de vivre dans le désert sont cruciales pour la survie des générations futures dans cet environnement aride. De plus, la pression de la chasse et le changement climatique pourrait bien augmenter dans les prochaines décennies.

Inutile de rappeler que les animaux qui vivent dans ces environnements marginaux sont vulnérables et que leur nombre ne peut rebondir très rapidement tant la période de gestation est longue chez les éléphants (20 à 22 mois).

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