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Une forêt « Miyawaki » se dressera bientôt près de Mulhouse

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Crédits : turnermurakami/pixabay

Une forêt dense de type Miyawaki vient d’être plantée entre l’A36 et la promenade de la Doller, à Mulhouse. Le but : restaurer la biodiversité, capturer un maximum de CO2 et créer un vaste îlot de fraîcheur sans que l’Homme ne vienne interférer.

Les vingt dernières années les plus chaudes de l’Ère moderne l’ont été au cours des vingt-deux dernières années, et la tendance devrait se poursuivre. Le phénomène touche particulièrement les villes qui, au cours de ces dernières décennies, ont troqué les arbres pour le bitume, créant finalement d’importants îlots de chaleur. En conséquence, il n’est pas rare d’enregistrer des températures bien supérieures dans les zones urbaines que dans les campagnes.

C’est pourquoi de plus en plus de villes se tournent vers les arbres. C’est notamment le cas de Mulhouse. La municipalité s’est en effet lancée avec l’objectif de planter trente-quatre hectares d’ici cinq ans.

Dans cet esprit, un grand chantier a démarré il y a quelques mois sur la promenade de la Doller, au nord de la ville. L’idée ? Planter une forêt de type Miyawaki d’au moins 24 000 plants. Plusieurs entreprises locales, pilotées par la société maître d’œuvre Trees-Everywhere ont participé au projet. Coût de l’opération : 200 000 euros, financés par la municipalité et une quinzaine d’entreprises locales mécènes.

Qu’est-ce qu’une forêt « Miyawaki » ?

La technique, élaborée par le botaniste japonais Akira Miyawaki, de l’Université nationale de Yokohama, vise à accompagner la reforestation naturelle d’une zone définie. Il s’agit, dans un premier temps, de sélectionner une variété de plantes indigènes (propres à la région). Les graines sont ensuite plantées et mises à germer dans des pépinières. Les plantes, vers l’âge de un ou deux ans, sont ensuite replantées sur le terrain choisi – qui aura été fertilisé en amont.

Il s’agit ensuite de planter plusieurs dizaines d’essences différentes (comprenant des buissons, des arbres de taille moyenne et de grands arbres) de manière très dense (jusqu’à trois arbres au mètre carré). Une fois dressées, ces forêts sont complètement indépendantes. On en dénombre environ 3 000 de ce type dans le monde entier.

Cette méthode « Miyawaki » a déjà fait ses preuves, permettant de maximiser la biodiversité et le pouvoir de capture du carbone des zones concernées. La végétation est également mieux enracinée et plus résistante aux conditions météorologiques extrêmes, ainsi qu’aux possibles maladies. Concernant le chantier de Mulhouse, il s’agira également de créer un énorme îlot de fraîcheur.

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Crédits : capture d’écran Facebook

À terme, cette forêt « Miyawaki » devrait couvrir plus de 8 000 mètres carrés sur une longue bande de 500 mètres autour de l’autoroute (entre dix et trente mètres d’épaisseur, avec un arbre tous les 50 centimètres environ). Selon les espèces choisies, certains arbres pourront grimper jusqu’à quinze mètres environ, permettant au passage de créer une barrière anti-bruit.