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Monde : le taux de perte de glace augmente à une vitesse record

Crédits : 12019/Pixabay

S’appuyant sur des données satellitaires, une équipe de chercheurs annonce que le taux mondial de perte de glace a augmenté de plus de 65 % au cours des deux dernières décennies. Les résultats de cette étude sont publiés dans The Cryosphere.

Pour la première fois, des chercheurs de l’Université de Leeds, au Royaume-Uni, ont utilisé des données satellitaires pour étudier le taux de fonte des glaces au niveau mondial. Cette étude intègre 215 000 glaciers de montagne, les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, des plates-formes de glace autour de l’Antarctique, ainsi que de la glace de mer flottant le long de l’océan Arctique.

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs se sont concentrés sur les années 1994 à 2017. Au cours de cette période, le taux de fonte aurait augmenté de plus de 65 %, avec la perte d’environ 28 trillions de tonnes de glace. Pour se faire à l’idée, imaginez une structure de glace de la taille du Royaume-Uni et de cent mètres d’épaisseur. En chiffre brut, nous sommes passés de 0,8 trillion de tonnes de glace fondue par an dans les années 1990 à 1,3 trillion de tonnes par an en 2017.

Toutes les structures impliquées dans l’étude ont perdu de la glace, mais les pertes les plus importantes concernent la glace de mer arctique (7,6 trillions de tonnes) et les plates-formes de glace en Antarctique (6,5 trillions de tonnes). Les glaciers de montagne ont perdu un total de 6,1 billions de tonnes de glace, la calotte glaciaire du Groenland en a perdu 3,8 billions, tandis que la calotte glaciaire de l’Antarctique en a perdu environ 2,5 billions, toujours au cours de la même période.

La fonte s’accélère en Antarctique et au Groenland

Les volumes de glace perdue mis à part, les chercheurs notent également que les pertes des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland se sont les plus accélérées. Ces structures glaciaires, expliquent-ils, suivent désormais les pires scénarios de réchauffement climatique définis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Toujours d’après ces données satellites, les vitesses de fonte plus rapides sont principalement causées par des masses d’air plus chaudes (responsable d’environ 68 % de la fonte supplémentaire). Pour rappel, l’atmosphère s’est réchauffée de 0,26 °C par décennie depuis les années 1980. Le réchauffement des océans (+0,12 °C par décennie depuis les années 1980) a contribué au reste de la fonte, à hauteur d’environ 32 %. La répartition géographique de la glace sur la planète explique les taux plus élevés de fonte atmosphérique (toutes les glaces n’entrent pas en contact avec l’océan).

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Crédits : Nicolas Tolstoï/ iStock

La hausse (dangereuse) du niveau de la mer

Au cours de cette période, toute cette glace fondue aurait élevé le niveau de la mer de 35 millimètres. Les glaciers de montagne, qui stockent seulement 1 % de la glace mondiale, ont contribué à environ 25 % de cette élévation. L’équipe souligne également que chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer expose environ un million de personnes évoluant près des côtes au risque d’être déplacées.

Enfin, ils rappellent que la perte de glace de mer ne contribue pas directement à l’élévation du niveau de la mer. En revanche, celle-ci a bien une influence indirecte. L’un des rôles clés de la glace de mer arctique est en effet de refléter le rayonnement solaire dans l’espace. Aussi, à mesure que la glace de mer se rétrécit, davantage d’énergie solaire se retrouve par les océans et l’atmosphère, ce qui fait que l’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur la planète.