Une étude canadienne récente a fait une découverte au sujet d’une plante à fleurs très commune en Amérique du Nord. Elle est capable de piéger des insectes à l’aide de structures collantes sur ses tiges. Le but ? Digérer les insectes afin de se nourrir de leurs nutriments.

Un véritable appétit pour les insectes

Dès lors que l’on évoque les plantes carnivores, il est facile de penser à la célèbre dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula). Citons également Nepenthes rafflesiana qui adopte une stratégie de chasse bluffante visant à leurrer les fourmis, son mets favori. Des chercheurs des universités de Colombie-Britannique (Canada) ont publié une étude dans la revue PNAS le 17 août 2021. Il y est question d’une plante dont l’apparence n’a rien d’effrayant : la Triantha occidentalis.

Les scientifiques expliquent toutefois avoir fait une découverte en ce qui concerne cette plante, décrite pour la première fois à la fin du XXe siècle et très répandue en Amérique du Nord. Celle-ci arbore de délicates fleurs blanches, mais a en réalité un véritable appétit pour les insectes, une caractéristique inconnue jusqu’à aujourd’hui.

L’équipe de chercheurs a fait cette découverte au hasard, en menant un autre projet. La plante en question a retenu leur attention après des analyses sur son génome. Ils ont constaté que celle-ci présentait une mutation génétique que l’on rencontre habituellement chez les plantes carnivores.

Triantha occidentalis plante carnivore

Crédits : marlin harms / Wikipedia

Une plante très spéciale

En poursuivant leur enquête, les chercheurs ont réalisé que la Triantha occidentalis poussait dans un environnement riche en soleil et en eau, mais pauvre en nutriments. Or, ce type d’environnement est similaire à celui des plantes carnivores. Ensuite, un examen plus approfondi de la plante a révélé d’intrigantes structures au niveau de la tige de sa fleur.

À l’aide de quelques plants et insectes, les spécialistes ont mené une expérience. Ces tests ont permis de comprendre que la plante obtenait plus de 50 % de son azote en consommant des insectes. Par ailleurs, les poils collants présents sur la tige produisent une enzyme : la phosphatase. Cette dernière contribue à la dégradation des proies ainsi qu’à l’extraction des nutriments dont la plante a besoin.

Mais comment expliquer que la carnivore de la Triantha occidentalis n’ait pas été découverte plus tôt ? En réalité, les fameux poils collants sont plutôt discrets, mais surtout, des insectes pollinisateurs tournent régulièrement autour de la plante pour la butiner. Il s’agit donc d’un végétal très spécial, se nourrissant d’insectes tout en acceptant d’en laisser d’autres butiner ses fleurs.