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Une fin de règne bien compliquée pour les dinosaures

Crédits : Wikimedia Commons / Charles R. Knigh

Selon une étude récente, des températures glaciales et une longue période d’obscurité auraient eu raison des dinosaures il y a 66 millions d’années, suggérant ainsi que cette période d’extinction massive était beaucoup plus compliquée que nous le pensions.

Le sort semble s’être acharné sur les dinosaures. Il y a quelques mois, une étude révélait qu’un réchauffement climatique lié à une forte activité volcanique aurait précédé la météorite qui a mis fin au règne des dinosaures il y a 66 millions d’années. Mais la chaleur extrême, les pluies de cendres et les tsunamis engendrés par l’astéroïde n’auraient été les seuls facteurs destructeurs et leurs contributions restent à ce jour encore débattues. Aujourd’hui, une étude récente menée par des chercheurs de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur le climat (PIK), en Allemagne, suggère que des gouttelettes d’acide sulfurique formées dans la haute atmosphère suite à l’impact auraient conduit à une longue période de refroidissement global que de nombreuses espèces de dinosaures n’auraient pas supporté.

« Le refroidissement à long terme causé par les aérosols sulfatés aurait beaucoup plus influé sur l’extinction de masse que la poussière stagnante dans l’atmosphère pendant seulement un temps relativement court », explique Julia Brugger qui a participé à l’étude. »Il fut également un facteur plus important que des événements locaux comme la chaleur extrême à proximité de l’impact, les feux de forêt ou les tsunamis qui ont suivi ».

Pour comprendre cela, les chercheurs ont mis au point des simulations par ordinateur dédiées principalement à la réalisation de scénarios climatiques. L’hypothèse de l’impact d’astéroïde étant largement acceptée depuis les années 1980, les chercheurs ont donc simulé un scénario climatique, cette fois-ci à long terme, à partir de ce point d’impact (le cratère de Chicxulub, au Mexique). C’est alors que l’acide sulfurique entre en jeu.

Selon cette nouvelle hypothèse, ces gaz soufrés se seraient vaporisés à partir du site d’impact, obstruant ainsi lumière du soleil. La Terre se refroidit alors peu à peu. Brugger et ses collègues suggèrent que les températures auraient baissé d’au moins 26 °C avec des températures inférieures à zéro entre 3 et 16 ans et un temps de récupération globale de plus de 30 ans. Les chercheurs soupçonnent également que l’eau de surface des océans s’est également refroidie, remplacée peu à peu par de l’eau chaude issue des profondeurs. Les éléments nutritifs auraient donc atteint la surface incitant une prolifération massive d’algues potentiellement toxiques.

Il y a quelques jours le temps d’incubation des œufs de dinosaures non aviaires estimé à entre 3 et 6 mois était incriminé. Une incubation prolongée qui aurait joué un rôle dans leur disparition à la fin de la période du Crétacé. Quelque 66 millions d’années après, il y a décidément encore des leçons à tirer de cet ancien exemple de brusque changement climatique. « Aujourd’hui, la menace la plus immédiate n’est pas le refroidissement naturel, mais un réchauffement climatique d’origine humaine », ironise la chercheuse.

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