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Australie : trois milliards d’animaux touchés par “l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire moderne”

Crédits : Bruce Detorres/Flickr

Près de trois milliards d’animaux ont été tués ou déplacés par les incendies qui ont touché l’Australie au début de l’année, selon un rapport publié mardi. Les chercheurs évoquent “l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire moderne“.

L’année 2019 a été l’année la plus chaude et la plus sèche essuyée par l’Australie depuis le début des relevés météorologiques. Des conditions qui ont bien évidemment favorisé la propagation des incendies de forêts enregistrés au cours du dernier été australien, détruisant plusieurs millions d’hectares de terres, plusieurs milliers de maisons, et coûtant la vie à plus de 30 personnes.

La faune, évidemment, n’a pas non plus été épargnée. Si plusieurs opérations ont été mises en place par le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud (NSW) pour nourrir les wallabies par hélicoptère ou pour sauver les koalas des flammes, de nombreux animaux ont en effet malheureusement péri au cours de ce triste épisode.

Un bilan revu à la hausse

Un rapport publié en janvier estimait à plus d’un milliard le nombre d’animaux décimés. Ce bilan, déjà très lourd, vient d’être revu à la hausse. Les précédentes estimations s’étaient en effet basées sur les États de l’est les plus durement touchés (Nouvelle-Galles du Sud et Victoria). Cette nouvelle enquête est la première à couvrir les zones d’incendie à travers tout le pays.

L’étude, menée par des scientifiques de plusieurs universités australiennes, estime que près de trois milliards d’animaux ont finalement été touchés. Cet échantillon comprend une majorité de reptiles (2,46 milliards), mais également de nombreux mammifères (143 millions), oiseaux (180 millions) et amphibiens (51 millions).

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Un sauveteur tient un bébé koala touché par les feux de brousse sur l’île Kangourou, en Australie. Crédits : World Wide Fund for Nature

L’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire moderne

Notez que ce nouveau rapport estime le nombre d’animaux “touchés”. Autrement dit, ceux qui ont perdu la vie mais aussi ceux qui, par la force des choses, ont été amenés à se déplacer. Toutefois, les chercheurs soulignent que les perspectives de survie pour ces rescapés “n’étaient probablement pas grandes“, en raison du manque de nourriture, d’abri et de protection contre les prédateurs.

Notez que ces résultats sont actuellement toujours en cours de traitement. Un rapport final devant être publié à la fin du mois prochain, mais les auteurs ont déclaré que ce nouveau bilan annoncé était peu susceptible d’évoluer. Ou alors très peu.

Ces résultats intermédiaires sont choquants, a déclaré Dermot O’Gorman, PDG de la branche australienne du WWF, qui a commandé le rapport. Il est difficile de penser à un autre événement dans le monde qui, de mémoire d’Homme, a tué ou déplacé autant d’animaux, a t-il ajouté. Nous le considérons désormais comme l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire moderne“.

Source : AFP