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Une femelle requin-zèbre fait trois bébés, toute seule

Crédits : Wikimedia Commons

Une femelle requin-zèbre d’un aquarium australien a pondu des œufs qui contenaient des embryons sans avoir été fécondée. Si ce mode de reproduction a déjà été observé dans la Nature, il s’agit d’une première pour cette espèce.

Leonie est une femelle requin-zèbre de l’aquarium de Townsville, dans le Queensland (Australie). Jusqu’ici, rien d’exceptionnel, mais la belle a surpris tout le monde il y a quelques semaines en donnant naissance à trois petits sans avoir été fécondée. Si ce n’est pas la première fois qu’un tel miracle se produit, le cas de Leonie reste pourtant unique.

Se reproduire seul, c’est possible. La parthénogenèse est une forme de reproduction monoparentale dans laquelle des embryons se développent en l’absence de fécondation. C’est un phénomène rare, mais certains vertébrés sont néanmoins capables de se reproduire de manière asexuée. En revanche, le plus souvent les récits de ces parthénogenèses concernent des femelles qui n’ont jamais eu de partenaire sexuel mâle. Or, ici, Leonie est devenue capable de se reproduire seule après avoir eu une descendance avec un mâle dont elle a été séparée. La femelle a en effet partagé son environnement pendant plusieurs années avec un mâle et eu différentes portées viables avec lui avant d’en être séparée en 2012, l’aquarium ayant décidé de réduire son programme de reproduction.

C’est donc une première pour cette espèce. « Des cas de reproduction non sexuée au début de la maturité sexuelle ont déjà été observés chez les requins, les raies et particulièrement chez les reptiles », a déclaré au Guardian Australia Christine Dudgeon, biologiste à l’Université du Queensland. « Mais c’est la première fois que cela se produit après une reproduction sexuée ». Alors qu’elle n’a pas eu de contact avec d’autres mâles depuis 2012, Leonie a donc encore eu trois petits en 2016, sachant que les requins femelles peuvent stocker les spermatozoïdes jusqu’à quatre ans. Seulement les tests génétiques ont montré que les bébés requins n’avaient que de l’ADN de leur mère. C’est « un cas sévère de consanguinité », ajoute la scientifique.

Selon les chercheurs, ce phénomène aussi rare soit-il pourrait être une illustration de l’évolution des espèces pour permettre aux femelles de se reproduire malgré une pénurie de mâles. Ce fut notamment le cas après les différentes extinctions de masse que les requins ont traversé avec succès pendant 400 millions d’années. Mais cette stratégie n’est pas gagnante à tous les coups : les individus issus d’un tel mode de reproduction sont souvent stériles.

Vidéo : La naissance d’un requin zèbre à Océanopolis Brest en 2013 :

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