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Favorable à la vie marine, l’effet fertilisant des icebergs pourrait augmenter à l’avenir

Bloom de phytoplancton près de la côte est du Groenland. Crédits : Wikimedia Commons.

Une campagne de mesures internationale a permis d’en apprendre plus sur le rôle fertilisant des icebergs. Et plus précisément d’anticiper la façon dont il devrait évoluer avec le changement climatique. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature communications le 20 novembre dernier.

Les icebergs tendent à porter une connotation négative dans l’imaginaire collectif. En particulier en raison du danger qu’ils représentent pour la navigation maritime. Le cas du Titanic en est devenu un exemple emblématique. Toutefois, ce risque est bien plus faible de nos jours grâce au développement de systèmes d’observation toujours plus perfectionnés (satellites, radars, etc.).

Malgré cet a priori, les icebergs jouent un rôle clé dans le développement des organismes vivants au niveau des océans polaires et subpolaires, à distance des côtes. En effet, les amas de glace renferment des nutriments tels que le fer ou le zinc. Des éléments essentiels à la croissance de nombreux organismes marins. Lorsqu’un iceberg se détache, ils sont peu à peu libérés dans l’océan. Ce faisant, la production de phytoplancton et l’activité biologique sont stimulées à son passage.

Icebergs : des mesures in situ assez étonnantes

Or, avec le changement climatique, on constate un rejet grandissant d’icebergs en provenance des calottes groenlandaise et antarctique. La question se pose alors de savoir comment l’apport en nutriments est affecté. S’il augmentait en proportion, il pourrait conduire à une plus grande production de phytoplancton. Le cas échéant, la capture océanique en CO2 serait accélérée. Une boucle de rétroaction négative qui limiterait l’ampleur du réchauffement. Néanmoins, les mesures sont restées trop peu nombreuses pour permettre de conclure.

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Crédits : Pixabay

Une équipe internationale de chercheurs a récemment tenté de combler le déficit de données observationnelles. Les scientifiques impliqués ont collecté plus de 200 échantillons de glace sur des icebergs en différents points du globe. Une mission qui ne fut pas de tout repos et dont les résultats publiés dans Nature communications sont plutôt surprenants.

En effet, il s’avère qu’un même iceberg tend à être composé de glaces très différenciées. Une partie pure et une autre riche en sédiments. La différence de contenu en fer entre les deux pouvant atteindre 6 ordres de grandeur (un facteur de 1 million). Aussi, 90 % du fer était concentré dans seulement 4 % de la glace totale prélevée. À l’inverse, la composition moyenne des icebergs était globalement indépendante de la zone géographique considérée.

Une mécanique encore incertaine

« L’hypothèse générale était que l’augmentation du nombre d’icebergs dérivant dans la mer augmenterait l’effet fertilisant. Mais notre travail montre que les choses sont un peu plus compliquées, car la plupart des glaces n’ont pas d’effet fertilisant puissant. Les 4 % de la glace contenant l’essentiel du fer auront probablement un effet fertilisant beaucoup plus fort que le reste de la glace pure » rapporte Mark Hopwood, auteur principal de l’étude. « Malheureusement, de nombreuses questions restent sans réponse ».

Le point central du projet a été de mettre en avant que la productivité marine n’est pas simplement modulée par le flux total d’icebergs. Les propriétés internes de ces derniers, leur dynamique de fonte et de transport doivent aussi être prises en compte. Des informations cruciales qu’il reste à obtenir pour aboutir à une modélisation réaliste du couplage entre climat et cycles biogéochimiques.

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