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Faut-il vraiment payer les États pour réduire la déforestation ?

Crédits : amanderson2 / Flickr

Une étude américaine parue récemment estime que payer un État pour que ce dernier réduise la déforestation est un concept qui fonctionne. Toutefois, ce même concept n’en est pas à son premier essai, il est sujet à polémique et a déjà montré ses limites par le passé.

Payer pour limiter la déforestation

En 2009, la Norvège a versé 250 millions de dollars au Guyana afin que ce pays trouve des solutions pour réduire son taux de déforestation. En effet, ce petit pays d’Amérique du Sud, dont la majeure partie est couverte de forêts, pratique abondamment la déforestation. À l’origine, le but était principalement de faciliter l’accès aux mines d’or, bien que la part représentée par la production de papier soit importante.

Cet accord entre la Norvège et le Guyana a été passé dans le cadre d’un programme international. Ce dernier, nommé REDD+ pour Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, trouve sa source dans le protocole de Kyoto de 1997. À l’époque, les doutes étaient permis sur l’efficacité de ce genre d’arrangement. Toutefois, une étude parue dans la revue PNAS le 18 novembre 2019 et menée par l’Université d’État de Boise (États-Unis) le confirme : l’accord en question a été utile.

déforestation
Crédits : crustmania / Flickr

Efficacité limitée et polémique

Entre 2010 et 2015, le Guyana a limité le taux de déforestation annuel à 0,056 %, atteignant donc l’objectif initial. Si ce taux reste plus élevé que durant la décennie précédente (0,036 %), les calculs permettent d’affirmer que le contrat a permis de réduire de 35% la perte d’arbres. Autrement dit, des émissions de CO2 à hauteur de 12,8 millions de tonnes ont été évitées. Selon les meneurs de l’étude, l’absence d’un tel contrat aurait pu être synonyme de catastrophe écologique. En effet, la déforestation aurait explosé sur fond d’augmentation du cours de l’or.

Comme le soulignent les chercheurs, le programme REDD+ a en revanche montré ses limites. Premièrement, la déforestation au Guyana est repartie à la hausse après 2015. Avant cela, d’autres accords du même type avaient été signés entre la Norvège et des pays tels que l’Indonésie et la République Démocratique du Congo. Pour le premier, l’entretien de la forêt posait d’énormes problèmes et pour le second, l’accord n’a pas protégé les “bons” arbres. Surtout, la déforestation avait repris de plus belle dans les deux pays – comme dans le cas du Guyana – une fois le contrat terminé. Au passage, ce type d’accord pose question en termes de dépendance des pays en développement à l’argent des pays plus riches.

En septembre 2019, un nouvel accord a été passé par la Norvège. Cette fois, il est question du Gabon qui recevra 10 dollars par tonne de CO2 non-émise. Le pays scandinave continue donc de passer de tels accords mais, cette fois, la démarche est un peu différente. En effet, il est question de payer en fonction des résultats.

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